C’est un vent d’internationalisation qui souffle sur La Poste. Depuis sa nomination à la tête du groupe, la nouvelle présidente-directrice générale a clairement fait savoir sa volonté d’accentuer la dimension internationale du groupe centenaire. Ce virage s’inscrit dans un contexte de transformations majeures, alors que le secteur postal, historiquement domestique, est bousculé par la concurrence accrue des géants mondiaux de la logistique et du e-commerce.
Lors d’une récente prise de parole devant les cadres du groupe, la dirigeante a souligné que l’international n’était plus une option mais une nécessité pour maintenir la pertinence et la rentabilité de La Poste à l’heure de la mondialisation. « L’avenir de notre entreprise dépendra de notre capacité à nous projeter au-delà de nos frontières », a-t-elle insisté, rappelant les mutations profondes du marché des communications et de la livraison de colis.
Depuis déjà plusieurs années, La Poste tente de diversifier ses activités, conséquence directe de l’érosion continue du courrier traditionnel. Le marché français atteint un certain plafond et les volumes de lettres poursuivent leur déclin structurel au profit du numérique. En revanche, le secteur du colis et de la logistique connaît une croissance portée par le commerce électronique international. Cette tendance a déjà amené le groupe à développer des filiales à l’étranger, notamment via Geopost, sa branche colis express désormais présente dans une quarantaine de pays.
La nouvelle dirigeante veut franchir une étape supplémentaire. L’un de ses principaux objectifs affichés est d’augmenter la part de chiffre d’affaires réalisé hors des frontières hexagonales. Il s’agirait de renforcer la présence de La Poste sur de nouveaux marchés, en misant sur des offres adaptées aux spécificités locales, mais également en s’appuyant sur des partenariats stratégiques. Selon des sources internes, certaines zones clés comme l’Asie du Sud-Est, l’Amérique du Nord ou encore l’Afrique se trouvent désormais au centre des discussions de la direction. L’acquisition de sociétés étrangères, la prise de participations minoritaires ou encore la signature d’accords de coopération font partie des leviers envisagés.
Le chantier s’annonce toutefois ambitieux, alors que La Poste doit gérer en parallèle la modernisation de ses infrastructures françaises et la pression constante sur ses coûts opérationnels. L’internationalisation nécessite non seulement d’importants investissements, mais aussi une adaptation de la culture d’entreprise pour mieux répondre aux attentes des clients hors de France et se conformer à des régulations diverses. Des questions de ressources humaines se posent aussi, au regard de la nécessité de constituer des équipes multiculturelles et de former les salariés aux réalités du commerce mondial.
Malgré ces défis, la volonté d’internationaliser La Poste vise aussi à préserver l’emploi et à garantir la pérennité du groupe face à l’essor de nouveaux acteurs disruptifs. Sur le terrain, le développement international génère désormais une part croissante des bénéfices du groupe et devient un relais de croissance essentiel, alors que le marché domestique arrive à maturité. Les premiers résultats enregistrés par Geopost à l’étranger sont venus conforter la stratégie adoptée au cours des dernières années.
Pour les observateurs du secteur, la direction prise par la nouvelle PDG de La Poste s’inscrit dans un mouvement de fond traversant l’ensemble des grandes entreprises historiques confrontées à la mondialisation. Il s’agira désormais de transformer l’essai, en conciliant les impératifs d’agilité, de rentabilité et d’ancrage local pour faire de La Poste un acteur véritablement global, capable de rivaliser avec les grands groupes internationaux du secteur.
