La scène du transport aérien régional français s’apprête à accueillir un nouvel acteur. Air Inter Région, compagnie nouvellement créée, annonce son intention de débuter ses opérations en 2027. Cette initiative vise à revitaliser et dynamiser l’offre de vols domestiques sur le territoire, à un moment où le marché français affiche des besoins accrus en connectivité régionale face à la réduction de certaines lignes opérées par les grands transporteurs.
La future compagnie, qui devrait obtenir ses premières certifications courant 2026, cible en priorité la desserte de villes moyennes souvent délaissées par l’offre aérienne traditionnelle. Son ambition : rétablir ou créer de nouvelles lignes directes entre les territoires, avec des liaisons transversales inédites ou disparues ces dernières années. Cette stratégie intervient alors que la diminution de l’offre ferroviaire sur certaines destinations ainsi que la saturation des routes encouragent à repenser les solutions de mobilité régionale.
Pour concrétiser son projet, Air Inter Région prévoit de s’appuyer sur une flotte composée d’appareils de nouvelle génération. Selon des sources proches du dossier, la compagnie aurait entamé des discussions avec plusieurs constructeurs afin de privilégier des avions court-courriers adaptés au marché français : faible consommation de carburant, faible bruit, capacité réduite (autour de 70 à 100 sièges) et empreinte carbone maîtrisée. « Nous voulons proposer un choix efficace et compétitif, tant pour les voyageurs d’affaires que pour la clientèle loisirs, tout en intégrant l’urgence écologique », indique un représentant du projet.
L’enjeu est de taille. Alors que la France a récemment accru la fiscalité sur les vols courts et que les politiques publiques encouragent de plus en plus le rail pour les trajets inférieurs à 2h30, il s’agit pour Air Inter Région de répondre à une demande spécifique : celle des liaisons que ni le train ni la route ne peuvent assurer de façon satisfaisante. En ce sens, la compagnie s’appuiera sur un maillage du territoire analysé au plus près, en tenant compte non seulement des flux de passagers, mais aussi du tissu économique, industriel, et touristique de chaque région desservie.
Pour séduire ses futurs clients, Air Inter Région travaille sur un modèle tarifaire qui se veut attractif et flexible. Les premiers éléments du business plan évoquent une politique de prix segmentée, permettant d’adresser à la fois les besoins ponctuels et réguliers, via des formules d’abonnement ou de réservation anticipée. L’accent est également mis sur la facilité d’accès et la rapidité des parcours, avec des correspondances réduites au minimum et un effort sur la ponctualité.
Côté financement, la compagnie, portée par plusieurs investisseurs privés et institutionnels français, affiche des ambitions solides : « Nous croyons à la capacité du marché régional d’être rentable et créateur d’emplois, à condition de repenser l’ensemble de la chaîne de valeur, du modèle opérationnel à l’expérience client », assure l’un des fondateurs. Le processus de recrutement devrait débuter dès la fin de l’année 2025, avec des créations de postes attendues tant sur les bases régionales qu’au siège basé initialement en région parisienne.
L’émergence d’Air Inter Région sera observée de près par les acteurs du secteur aérien et les collectivités locales, nombreuses à réclamer une meilleure desserte. Alors que la question de la transition écologique demeure centrale, cette initiative ouvre un débat sur la place de l’avion dans l’aménagement du territoire en France. Reste à savoir si la jeune compagnie saura tenir ses promesses et s’imposer durablement dans un paysage aérien en profonde mutation.
