Dans un contexte de flambée persistante des prix des carburants, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a appelé ce mercredi le groupe pétrolier français TotalEnergies à faire preuve de «générosité» en matière de plafonnement des tarifs à la pompe. Cette déclaration intervient alors que les Français font face à une augmentation constante du coût des carburants, qui alimente un mécontentement social croissant et suscite des inquiétudes sur le pouvoir d’achat.\n\nLors d’un entretien accordé à une radio nationale, Sébastien Lecornu a estimé que le rôle de TotalEnergies dans la régulation des prix à la pompe était crucial, soulignant qu’«il appartient à de grands groupes français, qui réalisent des profits importants, de faire un geste envers les consommateurs». Le ministre a ainsi invité la major pétrolière à poursuivre et renforcer sa politique de plafonnement des prix, initiée en 2023, alors que le gouvernement cherche à protéger les automobilistes des contrecoups de la volatilité des marchés internationaux de l’énergie.\n\nDepuis plusieurs mois, TotalEnergies a mis en place un dispositif limitant le prix du carburant dans ses stations-service à 1,99 euro le litre, une mesure saluée par l’exécutif et jugée efficace pour contenir la hausse à un niveau «supportable» pour les ménages. Cependant, la pression demeure, les cours du pétrole ayant brutalement rebondi sur les marchés mondiaux en raison de tensions géopolitiques persistantes et de décisions de l’Opep+ de réduire l’offre. Cette hausse se répercute systématiquement sur les prix à la pompe, impactant directement le budget des Français les plus dépendants de leur véhicule malgré les appels à la transition écologique.\n\nSi cette politique du plafonnement a été perçue comme un compromis entre soutien au pouvoir d’achat et préservation des marges pour le groupe, plusieurs associations de consommateurs jugent qu’elle demeure insuffisante et appellent à une régulation plus sévère. Certaines organisations syndicales, à l’instar de la CFDT et de la CGT, pointent quant à elles la croissance des bénéfices de TotalEnergies en 2023 et la nécessité d’une redistribution accrue sous forme de gestes en faveur des clients et des salariés.\n\nEn soutien à cette demande, Sébastien Lecornu a rappelé que «l’engagement volontaire des grandes entreprises reste un levier d’action important en complément des dispositifs publics». Le gouvernement, écartant jusqu’ici la perspective d’un retour à la ristourne généralisée sur les carburants qui avait coûté plusieurs milliards d’euros aux finances publiques en 2022, préfère miser sur la responsabilité sociale des groupes pétroliers et énergétiques. Toutefois, l’exécutif n’exclut pas d’intensifier la pression politique sur le secteur si la situation venait à se dégrader davantage.\n\nDu côté de TotalEnergies, la direction indique qu’une évaluation de la politique de plafonnement est en cours, tout en soulignant le «caractère exceptionnel» de ce geste consenti depuis un an. Le groupe rappelle également les difficultés inhérentes à la conjoncture internationale actuelle et insiste sur la nécessité d’anticiper les effets de la transition énergétique sur l’équilibre financier de ses activités en France.\n\nPour l’heure, la balle semble être dans le camp de TotalEnergies, sommé par le gouvernement de montrer l’exemple en matière de responsabilité sociétale face à une inflation persistante et à la préoccupation grandissante autour du prix de l’énergie. La décision finale du groupe pourrait bien constituer un test de sa capacité à concilier impératifs économiques, attentes des consommateurs et volonté affichée de soutenir le pouvoir d’achat.
