Alors que les débats sur la gouvernance et la mission du service public audiovisuel gagnent en intensité, Catherine Pégard, figure reconnue du paysage médiatique français, rappelle vigoureusement que l’impartialité doit rester au cœur de l’action des médias publics.
Selon celle qui fut présidente du château de Versailles, mais aussi journaliste et conseillère politique, le respect du pluralisme et d’une stricte neutralité constitue la pierre angulaire de la crédibilité du service public audiovisuel. « L’audiovisuel public doit avoir l’impartialité comme principe », insiste-t-elle, alors que la question de l’indépendance éditoriale revient avec acuité dans les débats parlementaires et au sein de la société.
Pour Catherine Pégard, l’impartialité ne peut se résumer à une simple déclaration d’intention. Elle doit se traduire par des exigences concrètes inscrites dans la charte et la pratique quotidienne des rédactions. Cela suppose notamment une vigilance constante face aux tentatives de pressions politiques, économiques ou idéologiques, ainsi qu’une représentation équilibrée des opinions lors des reportages, des débats et des analyses. Les citoyens, souligne-t-elle, attendent des antennes publiques qu’elles restituent fidèlement l’organisation de la société, reflétant à la fois sa diversité et ses contradictions, en évitant les effets de loupe ou d’occultation.
Ce plaidoyer intervient alors que plusieurs voix s’élèvent pour rappeler l’importance cruciale du service public à l’heure de la multiplication des sources d’information et de la montée retentissante des réseaux sociaux, où la vérification des faits et la hiérarchisation des contenus restent des défis majeurs. Face au flux continu d’informations teintées de partialité, le recours à un audiovisuel public indépendant et impartial apparaît selon elle comme un rempart démocratique. « Nous avons besoin d’un média de référence, irréprochable sur le plan de la rigueur et de l’équilibre », affirme-t-elle, convaincue que la confiance du public dépend largement de la capacité des journalistes à s’affranchir de toute connivence avec les acteurs politiques ou économiques.
De nombreux observateurs partagent le constat dressé par Catherine Pégard et voient dans l’attachement à l’impartialité une condition de survie pour l’audiovisuel public. Du mode de nomination des dirigeants à la définition des cahiers des charges et à l’organisation interne des rédactions, le débat sur l’indépendance est désormais central. Pour certains, il s’agit même d’un enjeu existentiel pour ces médias soumis à la fois à la contrainte budgétaire et à la concurrence croissante du secteur privé.
Et si la vigilance s’impose plus que jamais, c’est aussi parce que la confiance dans les institutions et les médias semble s’éroder. Une étude récente de l’Institut national d’études démographiques (Ined) relevait une défiance croissante du public à l’égard des informations diffusées sur les grandes chaînes. La transparence sur les sources, la promotion de formats explicatifs et la responsabilisation des journalistes sont quelques-unes des pistes régulièrement évoquées pour répondre à cette attente accrue d’un traitement impartial de l’actualité.
Pour Catherine Pégard, cette impartialité n’a rien d’une utopie désincarnée : elle requiert au contraire « une volonté politique forte, mais aussi un engagement professionnel de tous les instants, à tous les niveaux de l’organisation ». Elle appelle donc les responsables politiques et les citoyens à réaffirmer leur attachement à ce principe, et à veiller collectivement à ce que l’audiovisuel public reste, malgré les tensions, un espace de dialogue et de confiance au service de l’intérêt général.
