Pour la première fois depuis l’été 2022, le litre de super SP95-E10 a franchi en France la barre symbolique des deux euros en moyenne à la pompe. Cette hausse, relevée par les données hebdomadaires publiées par le ministère de la Transition énergétique, marque un tournant pour les automobilistes alors que l’inflation et les tensions géopolitiques continuent d’alimenter la volatilité des marchés pétroliers.\n\nCette semaine, le prix moyen du litre de SP95-E10, l’un des carburants les plus consommés en France, s’établit à 2,01 euros, contre 1,98 euros la semaine précédente. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver de tels niveaux, période durant laquelle la flambée des prix de l’énergie avait atteint un pic à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.\n\nLe sans-plomb SP95-E10, un carburant qui contient jusqu’à 10% d’éthanol, est largement privilégié par les automobilistes en raison de son coût généralement inférieur à celui du SP98. Mais cette augmentation du tarif s’inscrit dans une tendance haussière généralisée des prix des énergies fossiles observée depuis le début de l’année, malgré les efforts du gouvernement pour limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des Français.\n\nSelon les experts, la flambée des cours s’explique principalement par les incertitudes persistantes sur la production mondiale de pétrole. Les limitations volontaires de production décidées par l’OPEP+, ainsi que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, pèsent lourdement sur les marchés. À cela s’ajoute une demande soutenue à l’approche des grands départs en vacances d’été, période traditionnellement marquée par une hausse de la consommation de carburants.\n\nEn réaction, les distributeurs se retrouvent contraints de répercuter cette hausse sur les consommateurs. De nombreuses enseignes de la grande distribution, qui avaient temporairement maintenu des opérations de vente à prix coûtant, ont désormais mis fin à ces dispositifs ou en restreignent la portée. Les automobilistes, pour leur part, cherchent à adapter leurs habitudes, multipliant le recours au covoiturage ou privilégiant les transports en commun lorsque cela est possible.\n\nInterrogé par nos soins, le ministère de la Transition énergétique affirme surveiller la situation de près et rappelle l’ensemble des aides mises en place pour soutenir les ménages les plus modestes. Toutefois, le gouvernement écarte, pour l’heure, l’idée de réinstaurer un dispositif similaire à la remise carburant de 2022, estimant que la situation budgétaire actuelle ne le permet pas.\n\nCette nouvelle flambée devrait accentuer la pression sur les foyers dépendants de leur véhicule pour leurs trajets quotidiens. Les associations de consommateurs appellent, elles, à la vigilance et à la transparence, s’inquiétant de possibles effets de seuil sur d’autres carburants et sur l’ensemble du secteur des transports.\n\nEn attendant une éventuelle accalmie sur les marchés, le cap des deux euros pour le SP95-E10 ravive le débat sur la transition énergétique et la nécessité d’accélérer les alternatives aux hydrocarbures. Une chose est sûre : pour de nombreux automobilistes, la facture à la pompe n’a jamais pesé aussi lourd depuis deux ans.
