Les prix alimentaires poursuivent leur ascension au Moyen-Orient, selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié ce jeudi. Malgré quelques signaux d’accalmie observés sur les marchés mondiaux, la région reste particulièrement exposée aux soubresauts des conflits et aux perturbations d’approvisionnement. \n\n D’après la FAO, les prix des denrées de base ont encore progressé en avril, atteignant par endroits des niveaux inédits depuis plusieurs années. La persistance de la guerre dans la région, couplée à des coûts logistiques croissants et à l’inflation généralisée, entretient une pression constante sur le coût du panier alimentaire. \n\n La crise actuelle s’illustre notamment par la flambée du prix du blé, dont la région est largement dépendante des importations. Au Liban, en Syrie ou encore dans les territoires palestiniens, les prix de la farine, du pain, mais aussi du riz et du sucre, connaissent une augmentation continue. Le rapport de la FAO relève que le conflit qui sévit à Gaza a fortement perturbé le commerce et l’acheminement des marchandises, exacerbant la précarité alimentaire de millions de personnes. \n\n « De nombreux pays du Moyen-Orient peinent à contenir la hausse des prix alimentaires en raison de leur forte dépendance aux importations, alors que les routes commerciales régionales ont été fragilisées par les conflits armés », souligne Lina Bassiouni, analyste régionale à la FAO. L’organisation rappelle que la région importe plus de la moitié des calories consommées par sa population, la rendant particulièrement vulnérable aux variations du marché mondial et aux ruptures logistiques. \n\n Outre la guerre en cours dans la bande de Gaza et ses répercussions en Cisjordanie et au Liban, la FAO pointe également l’impact des tensions persistantes au Yémen et en Syrie, mais aussi celui de la volatilité sur la mer Rouge après les attaques contre les navires commerciaux. Ces facteurs conjugués entraînent des retards de livraison et une augmentation du prix du fret, répercutée, souvent mécaniquement, sur les consommateurs finaux. \n\n Selon la FAO, la flambée des prix alimentaires a des conséquences dramatiques sur les populations les plus fragiles. De plus en plus de familles ont recours à des stratégies de survie comme la réduction du nombre de repas quotidiens ou le recours à des aliments moins chers et moins nutritifs. Les ONG multiplient les appels à la mobilisation internationale afin de soutenir les dispositifs d’aide alimentaire dans la région. \n\n « La sécurité alimentaire au Moyen-Orient demeure extrêmement précaire. Si la hausse des prix se prolonge, le risque est grand de voir la pauvreté s’aggraver et les signes de malnutrition augmenter, en particulier chez les enfants », alerte un porte-parole de la FAO. L’organisation appelle les gouvernements de la région et leurs partenaires à prendre des mesures rapides pour renforcer les chaînes d’approvisionnement et limiter la dépendance aux importations de denrées essentielles.\n\n En dépit des efforts annoncés, la FAO se montre pessimiste sur l’évolution de la situation à court terme. « Tant que les conflits armés se poursuivront et que les routes commerciales resteront menacées, le Moyen-Orient restera confronté à une flambée des prix alimentaires », conclut l’agence onusienne dans son rapport.
