Le conglomérat industriel suisse ABB a annoncé lundi vouloir investir 200 millions de dollars dans plusieurs de ses sites de production en Europe au cours des prochaines années. Cette décision stratégique vise à répondre à l’envolée de la demande de solutions d’électrification sur le vieux continent, alors que la transition énergétique s’accélère et que le besoin de fiabilité des réseaux électriques se renforce dans un contexte de réindustrialisation et d’efforts pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement locales.\n\nEn pleine période de mutations industrielles, ABB souhaite ainsi renforcer sa capacité à produire des systèmes et équipements électriques – notamment des appareillages basse et moyenne tension – et à les livrer plus rapidement à ses clients européens. D’après le groupe, cet apport financier devrait permettre d’augmenter l’automatisation, d’optimiser la flexibilité de ses sites et d’améliorer globalement la productivité. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, la Finlande, l’Italie, la Norvège, la Pologne et la Suisse, sont concernés par ces investissements, qui viseront à moderniser ou agrandir certaines usines stratégiques du groupe.\n\n« Nous assistons à une forte croissance de la demande concernant nos solutions d’électrification en Europe, particulièrement dans le secteur industriel et pour les data centers, portés par la digitalisation et la montée en puissance de l’intelligence artificielle », explique Morten Wierod, le directeur de l’activité Électrification d’ABB. Il souligne que ces investissements visent autant à réduire l’empreinte carbone des opérations européennes de l’entreprise qu’à améliorer la fiabilité et la rapidité des livraisons à destination de ses clients continentaux.\n\nABB n’est pas le seul industriel du secteur à repenser l’implantation de ses chaînes de production. Partout en Europe, la crise énergétique post-pandémie et les bouleversements logistiques associés à la guerre en Ukraine ont poussé gouvernements et industriels à reconsidérer leur dépendance envers les importations venues d’Asie. Pour ABB, ce choix de renforcer ses capacités en Europe s’inscrit aussi dans la volonté de se prémunir contre les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale.\n\nLe secteur de l’électrification traverse une phase de profonde mutation. Partout en Europe, la décarbonation de l’industrie et le déploiement massif des énergies renouvelables accroissent le besoin en équipements électriques performants et fiables. Selon certaines estimations, la demande en équipements basse et moyenne tension devrait enregistrer une croissance annuelle de l’ordre de 8% sur le continent au cours des cinq prochaines années. Pour ABB, il s’agit donc de rester compétitif sur un marché à fort potentiel, tout en accompagnant la transition énergétique européenne.\n\nParmi les projets récemment annoncés par ABB figurent notamment la construction d’une nouvelle usine de 40 millions de dollars à Karkkila, en Finlande, ou encore des investissements dans ses sites allemands, polonais et italiens. En plus de soutenir l’emploi local, le groupe met en avant l’objectif d’accélérer l’adoption de technologies durables sur les marchés européens. D’ici à 2030, ABB vise à ce que ses propres opérations mondiales soient neutres en carbone, y compris sur le territoire européen qui concentre certains de ses centres d’innovation et de production les plus avancés.\n\nCette ambitieuse stratégie renforce la position d’ABB en tant qu’acteur clé de la réindustrialisation européenne. Tout en profitant d’un environnement réglementaire favorable, le groupe suisse entend ainsi consolider son leadership sur le marché des équipements électriques et participer à la construction du système énergétique du futur, plus vert et résilient.

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