Les autorités texanes s’apprêtent à ouvrir une nouvelle bataille judiciaire contre Netflix. L’État du Texas a récemment annoncé l’ouverture d’une procédure contre le géant américain du streaming vidéo, mettant en cause à la fois sa politique de collecte des données personnelles de ses utilisateurs et la nature « addictive » de son service. Le Procureur général de l’État entend ainsi faire la lumière sur les pratiques du groupe californien, dans un contexte de méfiance croissante envers les géants du numérique et alors que la régulation des plateformes en ligne fait débat aux États-Unis.
Dans un communiqué officiel, le bureau du Procureur général du Texas a précisé que la plainte cible la manière dont Netflix récolte, stocke et utilise les informations personnelles de millions d’abonnés texans. Les autorités estiment que certaines de ces pratiques pourraient contrevenir à la législation locale sur la protection de la vie privée. « Les Texans ont droit à la transparence et à la sécurité concernant les données qu’ils partagent avec les entreprises. Notre enquête vise à garantir que les droits des consommateurs sont respectés, » a déclaré le Procureur général dans une déclaration adressée à la presse.
Parallèlement à la question de la collecte des données, le Texas pointe également du doigt le design même de la plateforme, qualifié d’« addictif ». Selon l’accusation, Netflix recourrait à des techniques de manipulation comportementale, telles que la lecture automatique des épisodes et des recommandations personnalisées optimisées via l’intelligence artificielle. Ces dispositifs viseraient à maximiser l’engagement des utilisateurs, prolongeant ainsi leur temps passé sur la plateforme et encourageant une consommation frénétique, en particulier parmi les publics les plus jeunes.
Cette action judiciaire n’est pas un cas isolé : plusieurs États américains ont déjà engagé des bras de fer juridiques avec des acteurs majeurs de la tech. Récemment, des plateformes comme Meta (Facebook) et TikTok ont également fait l’objet de poursuites sur des questions similaires, notamment autour de l’usage massif des données personnelles et de l’impact sur la santé mentale des internautes. Le Texas, connu pour sa posture offensive contre les entreprises technologiques, entend ainsi envoyer un signal fort aux autres acteurs du secteur.
Le groupe Netflix, pour sa part, assure respecter les lois en vigueur et protéger la confidentialité de ses usagers. Dans une réaction officielle, la société a affirmé travailler « en étroite collaboration avec les autorités » et réitéré son engagement « à offrir un environnement sain et sécurisé pour l’ensemble des abonnés, tout en leur laissant le contrôle sur leurs préférences de visionnage. » L’entreprise s’est toutefois abstenue de commenter en détail le recours en cours, tout en réaffirmant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice texane.
Les experts du secteur estiment que cette procédure pourrait faire jurisprudence outre-Atlantique. Elle intervient alors que la question de la régulation des plateformes numériques, et plus généralement celle des comportements addictifs induits par les services en ligne, revient de façon récurrente dans le débat public américain. Plusieurs parlementaires appellent d’ores et déjà à encadrer plus strictement ces pratiques, afin de mieux protéger les consommateurs, et surtout les populations les plus vulnérables. L’issue judiciaire de l’affaire pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà du seul cas Netflix.
Pour l’heure, aucune date d’audience n’a encore été communiquée. Mais alors que le marché du streaming continue de se développer à grande vitesse, la justice texane semble bien décidée à imposer un cadre plus rigoureux à l’ensemble du secteur.
