Selon les derniers chiffres publiés vendredi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l’inflation en France a connu une légère accélération au mois d’avril. Ainsi, sur un an, l’augmentation des prix à la consommation s’établit désormais à 2,2%, contre 2,0% le mois précédent. Cette hausse, qui marque la première remontée de l’indice depuis plusieurs mois, vient rappeler que les tensions persistantes sur certains secteurs de l’économie continuent d’alimenter la dynamique inflationniste dans l’Hexagone.\n\nL’Insee explique principalement cette augmentation par une accélération des prix des services, dopée notamment par le secteur des transports et de l’hôtellerie-restauration. Les tarifs de ces derniers ont connu un accélération significative, en raison notamment du retour des vacances de printemps, traditionnellement une période de forte activité. En parallèle, certains secteurs ont vu leur progression ralentir, à l’image de l’alimentation, dont la hausse des prix s’est atténuée en avril. Les produits alimentaires, qui avaient fortement contribué à l’envolée de l’inflation en 2023, ne sont plus aujourd’hui le principal moteur de la hausse, selon l’institut statistique.\n\nPour les ménages français, cette nouvelle augmentation du niveau général des prix intervient dans un contexte déjà marqué par une pression sur le pouvoir d’achat. Si le taux d’inflation reste loin des pics observés l’année dernière — où il avait dépassé 6% sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et des produits alimentaires — il interroge quant à la solidité du reflux amorcé à l’automne 2023. Depuis cet épisode, le gouvernement s’était félicité de la maîtrise progressive de l’inflation, qui constitue un enjeu central pour la croissance et la stabilité sociale. “Cette remontée, même légère, doit inciter à la vigilance”, estime un expert interrogé, rappelant que certains foyers restent fragilisés par la persistance de prix élevés, notamment les plus modestes.\n\nL’Insee souligne également que la hausse du prix des services provient en partie des coûts salariaux, reflétant les récentes hausses des rémunérations dans des secteurs où la pénurie de main-d’œuvre reste importante. Les services représentent aujourd’hui le premier poste de dépense des foyers français, devant l’alimentation et l’énergie. Par ailleurs, si les prix de l’énergie sont restés stables sur la période, ils continuent de représenter une source d’incertitude pour les prochains mois, alors que la volatilité des marchés mondiaux n’a pas disparu, en dépit d’une normalisation partielle observée début 2024.\n\nDu côté des perspectives, la Banque de France prévoit une inflation autour de 2% sur l’ensemble de l’année, en phase avec l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE). Cependant, l’évolution de la conjoncture internationale, marquée par des tensions géopolitiques et la volatilité des matières premières, pourrait faire varier ce scénario. “La situation reste fragile, tout arrêt dans le reflux des prix peut avoir des conséquences rapides sur la confiance des ménages et sur le climat des affaires”, prévient un économiste.\n\nPour le gouvernement, cette fluctuation de l’inflation rappelle l’urgence d’accélérer les réformes visant à soutenir le pouvoir d’achat, en particulier pour les plus vulnérables. Différentes mesures, telles que le soutien ciblé aux familles modestes ou l’encouragement à la négociation salariale dans le secteur privé, sont à l’agenda du ministère de l’Économie. Dans ce contexte, les mois à venir seront décisifs pour confirmer ou non la tendance au ralentissement de l’inflation, élément clé de la reprise économique attendue.
