Le projet de ligne à très haute tension reliant Fos-sur-Mer à la région se concrétise. Après plusieurs années de débats et de consultations, une avancée significative vient d’être enregistrée, matérialisant une nouvelle étape décisive pour la mise en œuvre de cette infrastructure énergétique majeure.\n\nAu cœur de la transition énergétique engagée en France, la future ligne à très haute tension s’impose comme une réponse aux besoins croissants en électricité de la zone industrielle et portuaire de Fos-sur-Mer, mais aussi de l’ensemble du pourtour méditerranéen. Selon les acteurs du dossier, ce projet vise à sécuriser l’approvisionnement électrique dans un contexte de mutation industrielle, marqué notamment par le développement de la production d’hydrogène vert et la décarbonation des activités lourdes.\n\nLa validation récente par la préfecture du tracé définitif constitue un jalon essentiel du calendrier. Après une concertation publique organisée l’an dernier, le projet a été modifié pour prendre en compte les préoccupations exprimées par les riverains et les acteurs locaux, qu’il s’agisse de l’intégration paysagère, de la préservation environnementale ou de l’impact sur les parcelles agricoles. Plusieurs alternatives techniques et différentes variantes de tracé avaient été initialement étudiées par RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité.\n\nJean Dupuis, directeur régional de RTE, se félicite de cette nouvelle avancée : « Nous sommes parvenus à trouver un compromis satisfaisant qui garantit la sécurité énergétique du territoire tout en minimisant les nuisances. Il s’agit d’un acte fort pour l’industrie locale, mais également pour le maintien de l’emploi. »\n\nLes travaux, attendus pour démarrer d’ici début 2025, devraient mobiliser sur plusieurs années des centaines d’ouvriers et générer des retombées économiques pour le bassin industriel. Outre sa fonction de renforcement du réseau, la nouvelle infrastructure doit aussi permettre l’intégration de nouvelles capacités issues des énergies renouvelables, notamment du photovoltaïque maritime et des futurs parcs éoliens offshore prévus au large de la Méditerranée.\n\nLes associations de défense de l’environnement, tout en saluant certains compromis obtenus dans le cadre du dialogue, restent vigilantes quant à la préservation de la biodiversité et au suivi des mesures compensatoires. « Il s’agit d’un mal nécessaire dans la transformation du tissu industriel, mais nous serons attentifs au respect des engagements pris par l’État et RTE », souligne Émilie Martel, porte-parole d’un collectif local.\n\nDu côté des élus et des représentants des collectivités, on met en avant l’impérieuse nécessité d’appuyer la transformation du port de Fos et de soutenir les projets industriels incompatibles avec une alimentation énergétique fragile. « Ne pas moderniser les infrastructures, c’est prendre le risque de délocalisations et de fermetures d’unités, au détriment de l’emploi local et du dynamisme du territoire », estime François Leroy, président de la communauté d’agglomération.\n\nSi certains foyers concernés par le passage de la ligne restent inquiets, notamment quant à la valeur de leur patrimoine, RTE annonce la poursuite d’un accompagnement individualisé et d’un fonds prévu pour l’indemnisation de riverains les plus exposés.\n\nDans les prochains mois, l’enquête publique préalable au lancement des travaux marquera une nouvelle échéance pour ce projet structurant. Son avancement est désormais suivi de près par l’ensemble des parties prenantes, attentives à la fois aux impératifs énergétiques, aux enjeux écologiques et aux attentes des riverains.
