Les prix des carburants connaissent, en ce mois de juin, des évolutions contrastées sur le territoire français. Tandis que le litre d’essence atteint un sommet inégalé depuis près de deux ans, le gazole enregistre pour sa part son plus bas niveau depuis le début du printemps, dessinant une situation singulière dans les habitudes de consommation des automobilistes.
Selon les données hebdomadaires publiées par le ministère de la Transition énergétique, le litre de sans plomb 95, carburant le plus répandu dans l’Hexagone, s’est négocié en moyenne nationale à 1,97 euro. Ce niveau n’avait pas été observé depuis l’été 2022, période marquée par une flambée des prix du brut sur fond de tensions géopolitiques. La hausse, qui se poursuit depuis plusieurs semaines, s’explique en partie par la remontée des cours du pétrole et une demande internationale qui ne faiblit pas, portée notamment par la saison estivale et les départs en vacances.
À l’inverse, le marché du gazole affiche une dynamique diamétralement opposée. Son prix moyen s’établit à 1,66 euro le litre, au plus bas depuis fin mars. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse, dont une moindre tension sur le raffinage et un léger recul de la demande liée à la transition progressive vers des motorisations alternatives. Les ventes de véhicules diesel, autrefois largement majoritaires, continuent de décliner au profit de l’électrique et de l’hybride, conséquence des politiques publiques incitatives et du durcissement des réglementations environnementales.
Cette situation génère un écart de prix inédit entre essence et gazole, inversant ainsi la tendance observée pendant de longues années où le diesel était avantageux pour le portefeuille des automobilistes. En 2017 par exemple, le gazole coûtait en moyenne entre 10 et 15 centimes de moins que le sans plomb 95. Aujourd’hui, il est significativement moins cher, avec un différentiel qui a atteint plus de 30 centimes en faveur du gazole sur certaines zones du territoire.
Le retour de l’essence à des sommets n’est pas sans conséquence pour le budget des ménages. Les automobilistes roulant à l’essence voient la facture des pleins s’alourdir, alors que les dépenses consacrées aux mobilités représentent déjà un poste important. Certaines associations de consommateurs relancent ainsi le débat sur les dispositifs d’aide à la pompe, suspendus depuis la remise carburant du gouvernement, qui avait permis de contenir durant quelques mois le coût pour les ménages les plus modestes.
La volatilité des prix des carburants reste également étroitement liée aux fluctuations du marché international du brut. Après une accalmie relative au printemps, le baril de Brent, référence mondiale, est reparti à la hausse ces dernières semaines, en raison de l’incertitude géopolitique persistante au Moyen-Orient et de la politique de limitation de production menée par les pays membres de l’OPEP+. Les perspectives pour les mois à venir demeurent donc imprévisibles : certains analystes n’excluent pas une poursuite de la hausse de l’essence au cœur de l’été, tandis que le gazole devrait rester relativement stable à court terme.
Dans ce contexte, experts et acteurs du secteur appellent à la vigilance et à la transparence sur la formation des prix, invitant également les automobilistes à privilégier des comportements plus sobres, comme le covoiturage ou l’anticipation des déplacements. En attendant une éventuelle accalmie des marchés, les évolutions contrastées du prix de l’essence et du gazole continueront d’influencer le quotidien et les choix des Français.
