Les aéroports parisiens ont connu, en avril, des évolutions contrastées en matière de fréquentation. Paris-Charles de Gaulle (Roissy) affiche une stabilité bienvenue, tandis qu’Orly enregistre une baisse sensible de trafic, reflétant les incertitudes qui pèsent encore sur le secteur aérien.
Selon les derniers chiffres communiqués par le Groupe ADP, gestionnaire des deux plateformes, le trafic passagers à Roissy s’est maintenu à un niveau similaire à celui observé en avril 2023, malgré une conjoncture peu favorable. Une performance qui doit beaucoup à la solidité du réseau international du premier aéroport français, soutenu par la reprise progressive des liaisons long-courriers, notamment vers l’Amérique du Nord et certaines destinations asiatiques.
En revanche, Paris-Orly subit un repli marqué de sa fréquentation. L’aéroport du sud francilien pâtit notamment de la morosité persistante du marché intérieur et de la concurrence croissante du train à grande vitesse sur de nombreux axes. Les dessertes vers la province et les liaisons moyen-courrier, traditionnellement le cœur de l’activité à Orly, n’ont pas permis d’amortir le recul enregistré ce mois-ci. Certains vols ont en outre été annulés ou modifiés, conséquence directe des mouvements sociaux émaillant régulièrement le secteur des transports depuis le début de l’année.
Globalement, le trafic aérien en France piétine, après l’embellie observée post-pandémie de Covid-19. Si la demande pour les destinations lointaines se redresse peu à peu, en particulier depuis l’allègement des restrictions sanitaires, la clientèle affaires tarde à revenir massivement. Côté loisirs, l’inflation persistante et le contexte international incitent nombre de voyageurs à différer ou reconsidérer leurs projets. Cela pèse notamment sur les vols en moyen-courrier qui restent en deçà des niveaux d’avant crise sur plusieurs segments.
Les perspectives à court terme demeurent contrastées, soulignent les observateurs du secteur. Certains professionnels misent sur l’effet stimulant des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 qui pourraient doper le trafic durant la saison estivale. Reste à savoir si cet afflux ponctuel compensera l’essoufflement actuel constaté sur certaines lignes.
Les compagnies aériennes, de leur côté, continuent d’adapter leur offre. Certaines, à l’instar d’Air France, concentrent leurs efforts sur la montée en gamme de leurs services à Roissy et la rationalisation de leur offre intérieure. D’autres tentent de séduire une clientèle loisirs de plus en plus attentive au rapport qualité/prix, sur fond d’enjeux environnementaux grandissants.
La situation d’avril confirme ainsi les défis de la reprise. Si Roissy parvient pour l’heure à préserver ses équilibres, Orly illustre les zones de fragilité d’un secteur encore en mutation. À l’approche d’une saison estivale sous haute surveillance, acteurs publics et privés multiplient les mesures pour accompagner le rebond, tout en surveillant de près l’évolution de la demande, en France comme à l’international.
