Réunis depuis jeudi à Stresa, en Italie, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 tentent d’accorder leurs positions sur les grands enjeux économiques mondiaux. Ce vendredi, la délégation française, menée par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, s’est montrée optimiste sur l’issue des discussions. La France affirme qu’un communiqué conjoint sera publié à l’issue de la rencontre, malgré les divergences persistantes entre certains membres, notamment sur la gestion des avoirs russes immobilisés.

L’enjeu principal de ce sommet du G7, qui réunit l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, porte sur la réponse économique coordonnée à apporter à la guerre en Ukraine, deux ans après l’invasion russe. Les discussions s’articulent principalement autour des actifs russes gelés depuis 2022, qui représentent près de 260 milliards d’euros, et l’utilisation potentielle de ces fonds en soutien à l’effort de guerre ukrainien.

Selon une source diplomatique française, Paris s’efforce de trouver un terrain d’entente entre les États-Unis, partisans d’un usage audacieux et rapide des intérêts générés par ces avoirs, et certains pays européens qui avancent plus prudemment sur le sujet redoutant des précédents juridiques. « Nous sommes confiants sur l’obtention d’un texte commun qui rappellera notre unité et notre engagement aux côtés de l’Ukraine”, a déclaré vendredi Bruno Le Maire à Stresa, tout en reconnaissant « des discussions intenses sur la meilleure façon de mobiliser ces actifs sans fragiliser l’équilibre des systèmes financiers et juridiques internationaux ».

Les pourparlers autour du sort des avoirs russes n’occultent pas les autres sujets de préoccupation pour les puissances du G7. L’inflation, qui demeure plus élevée que prévu dans de nombreux pays industrialisés, fait également l’objet de débats, tout comme le ralentissement global de la croissance et les tensions commerciales persistantes avec la Chine. Les participants, réunis jusqu’à samedi, veulent afficher un front uni face à ces défis, alors que les clivages économiques s’accentuent entre les États-Unis et leurs partenaires européens sur certains dossiers stratégiques, comme la politique industrielle ou la fiscalité des géants du numérique.

La France joue dans ce contexte un rôle de médiateur, cherchant à rapprocher les positions des membres du G7 sur les impératifs de stabilité économique, sans céder sur la fermeté à l’égard de Moscou. « Il est indispensable de maintenir la pression sur la Russie tout en protégeant la solidité de notre système bancaire », plaide le cabinet du ministre de l’Économie, qui insiste sur l’importance d’une coordination étroite des mesures annoncées.

Pour Paris, la publication d’une déclaration commune à l’issue du sommet serait un signal fort à la fois sur la capacité de dialogue du G7 et sur la détermination occidentale à soutenir l’Ukraine dans la durée. Reste à savoir si la volonté d’afficher l’unité primera sur les réticences juridiques et diplomatiques qui subsistent encore à quelques heures de la clôture des négociations à Stresa.

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