Le président de la République, Emmanuel Macron, a pris la parole ce vendredi pour alerter sur les risques que représentent les cryptomonnaies en matière de financement du terrorisme. S’exprimant lors d’un événement consacré à la sécurité financière internationale, le chef de l’État a appelé les autorités françaises, européennes et internationales à renforcer de manière significative la régulation des actifs numériques.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser s’installer un nouveau Far West numérique », a martelé Emmanuel Macron devant un parterre de responsables politiques, de banquiers centraux et d’experts en cybersécurité. Selon lui, l’émergence rapide des technologies liées aux cryptomonnaies a ouvert la voie à de nouvelles formes de criminalité, en particulier dans le contexte géopolitique tendu que vit actuellement l’Europe.
D’après l’Élysée, plusieurs enquêtes récentes ont mis en évidence l’utilisation croissante de monnaies virtuelles par des organisations terroristes, notamment pour contourner les systèmes habituels de surveillance bancaire. Les crypto-actifs, du fait de leur relative anonymat et de la rapidité des transactions, faciliteraient le transfert de fonds à l’échelle internationale, rendant plus difficile le traçage des flux financiers illicites.
Si la France s’est dotée en 2019 d’un régime réglementaire spécifique à travers le statut de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN), le président Macron estime que ces garde-fous ne sauraient suffire face à l’ingéniosité croissante des réseaux criminels et terroristes. Il a salué les efforts réalisés au niveau européen, notamment l’adoption prochaine du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) censé harmoniser les pratiques dans l’Union, tout en appelant à aller plus loin.
« Nous devons poursuivre la coopération internationale et imposer des normes claires et robustes. Il en va de la sécurité de nos citoyens, mais aussi de la stabilité de notre système financier », a insisté le chef de l’État. Emmanuel Macron a également invité les grandes plateformes d’échange de cryptomonnaies à collaborer davantage avec les autorités, en renforçant les dispositifs de lutte contre le blanchiment et l’identification des clients, conformément aux exigences de lutte contre le terrorisme.
Face à la tentation d’une interdiction pure et simple, le président de la République se veut toutefois nuancé. Il reconnaît le potentiel d’innovation porté par les blockchains et les crypto-actifs, tout en martelant la nécessité de les encadrer strictement pour éviter les dérives. « Le progrès technologique ne doit jamais servir de prétexte à la criminalité ou à la violence », a-t-il affirmé, réaffirmant la détermination de la France à jouer un rôle moteur dans la régulation du secteur.
Les acteurs du marché, de leur côté, ont réitéré leur engagement à accompagner les pouvoirs publics dans l’établissement de standards mondiaux, conscients que la pérennité et la crédibilité du secteur passent par une réglementation forte. Cet appel présidentiel intervient alors que les autorités de nombreux pays, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni, multiplient les initiatives pour renforcer la surveillance des flux en cryptomonnaies. Avec une ambition clairement affichée : éviter que le développement des actifs numériques ne fasse ressurgir les travers d’une économie parallèle, opaque et hors de tout contrôle étatique.
