Deux ambitieux projets de parcs éoliens offshore au large de la côte est des États-Unis, auxquels participait la société française Engie, ont été récemment annulés, marquant un coup d’arrêt significatif pour le développement de l’énergie renouvelable dans la région. Cette décision intervient dans un contexte de difficultés économiques et structurelles rencontrées par l’industrie de l’éolien en mer, tout particulièrement sur le territoire nord-américain.

Les projets en question, qui étaient portés par le consortium Community Offshore Wind, réunissant Engie et la société norvégienne Equinor, devaient permettre l’installation de centaines de turbines dans l’Atlantique, non loin des côtes de New York et du New Jersey. Leur annulation a été annoncée officiellement ce jeudi par les acteurs concernés, invoquant l’accumulation de défis financiers et logistiques jugés insurmontables à court terme.

Le développement rapide de l’énergie éolienne offshore est considéré comme l’un des piliers de la transition énergétique aux États-Unis, alors que l’administration Biden avait affiché de hautes ambitions en la matière avec l’objectif d’installer 30 gigawatts de capacité en mer à l’horizon 2030. L’abandon de ces deux projets représente à lui seul un manque à gagner de plusieurs gigawatts, remettant potentiellement en cause la trajectoire fixée par le gouvernement fédéral.

Selon les déclarations des entreprises impliquées, la conjoncture mondiale défavorable, la hausse des prix des matériaux, les difficultés de financement et les retards pris sur la chaîne logistique – notamment sur la fabrication et la livraison des fondations des turbines ainsi que des câbles sous-marins – ont gravement pesé sur la viabilité économique des projets. Engie, dans un communiqué, précise que « malgré la volonté d’aboutir à une solution, les conditions actuelles du marché rendent la poursuite de ces investissements trop risquée ». Le groupe français, engagé depuis plusieurs années dans la diversification de ses activités outre-Atlantique, voit ainsi une partie de sa stratégie de développement dans les énergies renouvelables contrariée.

Du côté des autorités, l’annulation de ces projets est perçue comme un signal d’alerte. Plusieurs responsables locaux ont exprimé leurs inquiétudes quant à la capacité des acteurs industriels à surmonter, à court terme, les obstacles techniques et économiques qui freinent l’essor de l’éolien offshore aux États-Unis. Les syndicats et les organisations environnementales, qui voyaient dans ces projets une opportunité de création de milliers d’emplois et d’accélération de la transition verte, déplorent la situation.

Pour Engie comme pour l’ensemble du secteur, ce revers témoigne de la fragilité du modèle actuel de l’éolien en mer américain. De nombreux experts soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien public, d’adapter les cadres réglementaires et d’investir massivement dans la logistique portuaire ainsi que dans la formation professionnelle. Faute de quoi, les ambitions affichées par Washington risquent de se heurter à d’autres retards ou annulations de projets similaires dans les prochaines années.

Face à ces difficultés, Engie assure rester mobilisé pour soutenir la transition énergétique aux États-Unis, tout en réévaluant ses priorités d’investissement et en appelant à « une réponse coordonnée des pouvoirs publics et des industriels pour lever les freins actuels ». L’avenir de l’éolien offshore américain dépendra en grande partie de la capacité des acteurs à surmonter ces défis structurels et conjoncturels pour relancer la dynamique enclenchée au cours de la dernière décennie.

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