L’Espagne a enregistré un nouvel essoufflement de la progression des prix à la consommation au mois d’avril, avec un taux d’inflation établi à 3,2% sur un an, selon les données publiées ce mardi par l’Institut national de la statistique (INE). Cette légère accalmie intervient alors que les prix de l’énergie, et en particulier ceux des carburants, continuent d’exercer une pression haussière sur l’indice général, illustrant la résilience de l’économie espagnole face à un contexte inflationniste encore volatil en Europe.\n\nSelon les chiffres de l’INE, la hausse annuelle des prix à la consommation s’est donc affichée à 3,2% en avril, contre 3,3% en mars. Ce ralentissement, bien que modéré, confirme une tendance amorcée au premier trimestre, quand le taux d’inflation avait crevé le plafond des 3,5% en février, alimenté par des coûts de l’électricité et des carburants particulièrement dynamiques.\n\nLes autorités statistiques mettent cependant en lumière le rôle central joué par les prix à la pompe, qui continuent d’augmenter sur un an, «exerçant une pression à la hausse sur l’indice général des prix», indique l’INE. Néanmoins, la décélération de l’inflation s’explique principalement par un ralentissement des prix dans d’autres secteurs, à commencer par l’alimentation, qui avait été l’un des principaux moteurs de l’inflation ces derniers mois, ainsi que par une modération des prix des services.\n\nL’indice sous-jacent, qui exclut les éléments les plus volatils comme l’énergie et les produits alimentaires, s’établit pour sa part à 2,9% en rythme annuel, soit un léger repli par rapport aux 3,3% du mois précédent. La stabilisation de l’inflation sous-jacente est particulièrement scrutée par la Banque centrale européenne, qui cherche à évaluer la solidité de la reprise économique dans la zone euro tout en surveillant l’évolution des salaires et des prix des services.\n\nPour le gouvernement espagnol, ces chiffres sont la confirmation de l’efficacité des mesures mises en place depuis deux ans pour tenter d’endiguer la poussée inflationniste née de la guerre en Ukraine et de la flambée des prix de l’énergie à l’échelle mondiale. Plusieurs dispositifs temporaires, allant de la baisse de la TVA sur certains produits alimentaires essentiels à des subventions sur les carburants, ont permis selon Madrid d’amortir l’impact sur le portefeuille des ménages.\n\nLa ministre de l’Économie Nadia Calviño a déclaré que l’Espagne «reste l’un des pays de la zone euro affichant la dynamique de désinflation la plus rapide», tout en reconnaissant que des «vigilances persistent», notamment en ce qui concerne la volatilité des marchés énergétiques et les répercussions de la sécheresse sur les prix agricoles.\n\nNéanmoins, la persistance d’une inflation supérieure à l’objectif de 2% fixé par la BCE rappelle que la bataille contre la cherté de la vie est loin d’être gagnée. Les économistes restent attentifs à l’évolution des prochains mois, d’autant que le récent rebond des prix du pétrole au niveau international pourrait continuer d’alimenter les tensions sur les prix à la pompe et, par ricochet, sur le panier du consommateur espagnol.

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