L’aide promise aux travailleurs modestes touchés de plein fouet par la flambée des prix à la pompe est désormais actée. Ce jeudi, le gouvernement a publié au Journal officiel le décret instaurant une indemnité carburant d’un montant de 50 euros destinée aux « travailleurs modestes grands rouleurs ». Cette mesure, qui avait été annoncée en septembre dernier par l’exécutif, vise à soutenir les Français pour qui l’utilisation quotidienne du véhicule personnel constitue une nécessité absolue dans le cadre professionnel.

Cette indemnité s’adresse en priorité aux actifs dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain plafond, et qui parcourent chaque jour de longues distances pour se rendre sur leur lieu de travail. Selon les critères établis par le décret, il faudra justifier d’avoir utilisé un véhicule à moteur – qu’il s’agisse d’une voiture, d’une moto ou d’un scooter – dans le cadre de trajets domicile-travail pour pouvoir prétendre à l’aide. Le montant unique de 50 euros sera versé en une fois, et concerne la période d’imposition ouverte pour l’exercice 2024.

Pour déposer leur demande, les bénéficiaires devront se rendre sur le site internet des impôts à partir du 16 janvier. Il leur sera demandé de renseigner leur numéro fiscal, l’immatriculation du véhicule utilisé, ainsi que de déclarer sur l’honneur l’usage régulier d’un véhicule pour des raisons professionnelles. La mesure devrait principalement concerner les personnes résidant en zones rurales ou périurbaines, insuffisamment desservies par des transports en commun, et qui n’ont pas d’alternative à l’utilisation de leur véhicule personnel.

En 2023, un dispositif similaire avait déjà été mis en place, permettant à près de 4 millions de foyers de percevoir une aide de 100 euros. Cette année, face à la stabilisation – mais toujours élevée – des prix des carburants, le gouvernement a jugé nécessaire de reconduire le principe, tout en en révisant les modalités et en réduisant le montant de l’indemnité. Selon les projections du ministère de l’Économie, environ 4,3 millions de Français pourraient en bénéficier cette fois-ci.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, s’est félicité de la publication du décret : « Nous tenons nos engagements. Cette indemnité carburant, c’est une mesure de justice sociale pour les Français qui n’ont d’autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler et n’ont pas accès aux transports collectifs. » Le gouvernement assure que l’intégralité de la procédure a été conçue pour être la plus simple possible, afin de ne pas décourager les principaux concernés par des démarches administratives jugées trop complexes par le passé.

Cependant, plusieurs associations de consommateurs ont déjà pointé du doigt le montant jugé trop faible, arguant qu’il ne compense que très partiellement l’augmentation vertigineuse des dépenses de carburant pour certains ménages. L’exécutif, pour sa part, renouvelle ses appels en faveur d’un développement plus rapide et équitable des réseaux de transport en commun, tout en rappelant que le budget de l’État ne saurait absorber indéfiniment des dispositifs d’aide massifs face à une volatilité persistante des prix de l’énergie.

D’ici la fin du mois de janvier, les premiers versements devraient être effectués. Le gouvernement prévoit une communication renforcée dans les prochaines semaines afin d’informer les publics cibles et d’assurer que l’ensemble des potentiels bénéficiaires puisse déposer une demande dans les délais impartis. Ce geste, aussi modeste soit-il, constitue pour l’exécutif un signal adressé aux travailleurs pour qui le coût du carburant reste un sujet sensible et déterminant dans le budget des ménages français.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *