Dans un contexte économique français marqué par une croissance molle et une inflation qui peine à s’estomper, le gouverneur de la Banque de France attire l’attention sur trois leviers jugés essentiels pour remettre l’économie nationale sur un sentier de croissance durable. Lors d’une récente intervention devant un public de décideurs et d’économistes, il a détaillé les ajustements à opérer pour redynamiser l’appareil productif français, en insistant sur l’urgence d’un engagement collectif.
Premier chantier évoqué : l’amélioration de la productivité. Selon le gouverneur, la France accuse un retard face à certains voisins européens et n’a pas suffisamment investi dans l’innovation et la transformation numérique de ses entreprises. « La productivité est un moteur fondamental de la croissance. Sans elle, la compétitivité du pays s’érode et nos entreprises peinent à se positionner à l’international », rappelle-t-il. Pour y remédier, il préconise un effort massif en faveur de la formation, de la recherche et de l’adoption des nouvelles technologies, en particulier dans les PME, qui sont trop souvent à la traîne par rapport aux grands groupes.
Le deuxième levier nécessaire à la reprise économique concerne l’investissement, en particulier dans la transition écologique. D’après le gouverneur, orienter prioritairement les capitaux publics et privés vers la neutralité carbone et la décarbonation de l’industrie représente un double gain : stimuler l’activité tout en préparant la France aux défis environnementaux de demain. Il exhorte, notamment, à faciliter les conditions d’accès au financement pour les porteurs de projets verts, estimant que « l’économie verte est aussi une formidable opportunité d’innovation, de développement de nouveaux marchés et de création d’emplois ».
Enfin, le gouverneur met l’accent sur l’attractivité du marché du travail. Il souligne que le sous-emploi structurel persistant pénalise la dynamique économique du pays. Pour lever cet obstacle, il plaide pour une politique active axée sur la réduction des freins à l’embauche, la montée en compétence des salariés, et l’adaptation des formations aux besoins effectifs des employeurs. Il rappelle que la vigueur du marché de l’emploi n’est pas seulement un enjeu social, mais bel et bien un facteur déterminant pour la croissance nationale.
Selon le gouverneur, l’action conjointe sur ces trois leviers constitue un cercle vertueux pour l’économie française. Il avertit cependant que ces ajustements nécessitent de la cohérence et un pilotage précis, afin d’assurer une transition équilibrée et socialement acceptable. « Il ne s’agit ni de relâcher la discipline budgétaire, ni de sacrifier l’exigence écologique, mais d’inventer un chemin de croissance réaliste et soutenable », conclut-il, tout en invitant l’ensemble des acteurs économiques et politiques à prendre leur part de responsabilité dans la conduite de ces réformes.
Si ces recommandations venaient à être suivies, la France pourrait, selon les projections de la Banque de France, espérer retrouver un rythme de croissance conforme à son potentiel historique. Mais, rappelle le gouverneur, ces « réglages » ne livreront leur pleine efficacité qu’à condition d’être engagés de façon coordonnée, cohérente et résolument tournée vers l’avenir.
