International Airlines Group (IAG), la société qui détient notamment British Airways, Ibéria, Vueling et Aer Lingus, a averti ce jeudi que l’escalade des tensions au Moyen-Orient risque de grever ses performances financières au cours des prochains mois. Dans une communication adressée aux investisseurs au moment de présenter ses résultats trimestriels, le groupe a explicitement mis en cause la situation géopolitique dans la région, évoquant un « contexte incertain » qui pourrait peser sur la demande de voyages aériens et entraîner une hausse des coûts opérationnels.
Au troisième trimestre 2023, IAG a pourtant signé des bénéfices records, profitant encore d’un rebond post-pandémique de la demande, notamment sur les longues distances et sur les lignes transatlantiques. Mais ses dirigeants jugent prudents de nuancer cet optimisme. « Les revenus restent solides mais les perspectives restent marquées par une volatilité exceptionnelle du secteur compte tenu de la guerre au Moyen-Orient et de ses répercussions sur les marchés », a déclaré le directeur général du groupe Luis Gallego.
D’après IAG, les compagnies du groupe sont directement concernées, que ce soit sur les liaisons avec Israël ou pour les vols transitant à proximité de la région. Certaines routes ont déjà été suspendues ou réorientées ces dernières semaines, ce qui génère une augmentation du temps de vol, de la consommation de carburant et par conséquent des coûts. « Nous surveillons en temps réel la situation et adapterons notre capacité en fonction de l’évolution de la demande et de la sécurité », indiquent les responsables.
L’onde de choc provoquée par l’instabilité au Moyen-Orient ne se limite pas à une seule zone géographique. Nombreux sont les grands groupes aériens européens à faire état d’annulations de réservations, d’une frilosité accrue du côté des voyageurs loisirs comme affaires, en particulier sur les longs courriers. L’envolée des prix du pétrole sur les marchés internationaux, stimulée par les tensions régionales, alourdit aussi la facture pour l’ensemble de la branche déjà très exposée aux fluctuations énergétiques. « Nous devons rester flexibles pour protéger notre rentabilité face à un environnement qui pourrait rapidement évoluer », a résumé le groupe lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.
Si la direction d’IAG assure ne pas remettre en cause la politique d’investissement, elle a toutefois indiqué que l’attention portera ces prochains mois sur la maîtrise des coûts. « Nous continuons d’investir dans la modernisation de notre flotte et la qualité de service, mais la prudence restera de mise quant à l’ajustement de notre offre », a précisé Luis Gallego. En parallèle, le groupe veut accélérer ses initiatives d’optimisation logistique et de diversification des recettes, afin de renforcer sa capacité à encaisser d’éventuels chocs.
Les marchés ont accueilli prudemment cet avertissement, alors que l’ensemble du secteur aérien est suspendu à l’évolution de la situation géopolitique. IAG n’a pas souhaité chiffrer l’impact potentiel de la crise mais se réfère à l’expérience des précédents épisodes de tension dans la région, qui avaient provoqué une contraction sensible de la demande. Le groupe britannique promet de publier plus d’informations lors de la présentation de ses prochaines perspectives financières, fin 2023. D’ici là, l’industrie aérienne reste sous pression, ballottée entre l’espoir d’un rebond durable et la crainte de nouveaux soubresauts géopolitiques.
