Lime, l’une des start-up phares du secteur de la mobilité urbaine partagée, s’apprête à franchir une nouvelle étape majeure dans son développement. Fondée en 2017 aux États-Unis, la société, connue pour ses vélos et trottinettes électriques en libre-service disséminés dans de nombreuses villes du monde, envisage une introduction en Bourse dès cette année. Selon des sources proches du dossier, Lime ambitionne une valorisation de l’ordre de 2 milliards de dollars pour cette opération de marché qui marquerait un tournant décisif après plusieurs années de croissance soutenue.
Cette intention d’entrer en Bourse intervient alors que le marché des nouvelles mobilités connaît à la fois un engouement certain chez les usagers urbains et des défis économiques non négligeables. La pandémie de Covid-19 avait sévèrement ralenti l’activité du secteur, mais Lime a su rebondir et tirer profit du regain d’intérêt pour les modes de déplacement individuels, à faible empreinte carbone et sans contact. Son modèle économique a progressivement évolué, privilégiant la rentabilité après une période d’expansion rapide et, parfois, de déploiements coûteux dans les grandes métropoles.
D’après les données récemment communiquées par la société, Lime affirme avoir franchi le seuil de rentabilité opérationnelle sur plusieurs marchés stratégiques, notamment en Amérique du Nord et en Europe. L’entreprise revendique plus de 250 millions de trajets réalisés à travers quelque 200 villes au niveau mondial. Elle emploie aujourd’hui plus de 800 personnes et collabore avec un réseau de partenaires locaux pour l’entretien, la recharge et la gestion des flottes. En misant sur une gestion optimisée des véhicules et sur l’analyse des données d’usages, Lime cherche désormais à convaincre les investisseurs de la solidité de son modèle.
L’entrée en Bourse s’annonce toutefois comme un défi au vu de la concurrence féroce qui règne sur le marché de la micromobilité. Des acteurs majeurs comme Bird ou Dott proposent eux aussi des services similaires et cherchent à se différencier par l’innovation technologique ou l’éco-responsabilité. Par ailleurs, la question de la régulation demeure centrale : de nombreuses municipalités imposent désormais des quotas, des plafonds de vitesse ou de nouvelles taxes pour encadrer l’usage de ces véhicules et répondre aux problématiques de stationnement sauvage ou de sécurité routière.
Les dirigeants de Lime, quant à eux, soulignent la spécificité de leur offre et entendent renforcer leur collaboration avec les villes. Parmi leurs priorités figurent la réduction de l’empreinte écologique des batteries utilisés et le développement de vélos et trottinettes de nouvelle génération, plus durables et réparables. L’enjeu, pour Lime, consiste ainsi à asseoir sa crédibilité d’acteur industriel fiable aux yeux des investisseurs institutionnels autant que des collectivités locales.
Si la valorisation visée de deux milliards de dollars devait être atteinte lors de l’introduction en Bourse, Lime espère lever plusieurs centaines de millions, qui seront principalement destinés à financer l’innovation, l’expansion internationale et l’amélioration de la performance énergétique de ses flottes. Dans un contexte où les villes repensent leurs politiques de transport afin de limiter l’usage de la voiture individuelle, la stratégie de Lime pourrait bien devenir un cas d’école sur la capacité des start-up à inscrire leur croissance dans les nouveaux enjeux écologiques et urbains.
