L’ancien président américain Donald Trump a déclaré qu’il entendait discuter prochainement avec le dirigeant chinois Xi Jinping, particulièrement sur la question sensible des ventes d’armes américaines à Taïwan. Cette annonce intervient alors que les tensions autour de l’île continuent de cristalliser les relations sino-américaines, sur fond de rivalité stratégique dans la région indo-pacifique.
Lors d’une intervention devant la presse, Donald Trump a affirmé vouloir « évoquer très clairement avec le président Xi la politique de vente d’armes à Taïwan », ajoutant que « la sécurité, la stabilité et la paix restent des priorités majeures pour les États-Unis » dans leurs relations avec la Chine. L’ex-président, qui brigue un nouveau mandat lors de la prochaine élection présidentielle, souhaite ainsi marquer sa différence en se présentant comme un interlocuteur ferme mais ouvert au dialogue avec Pékin.
La question de la livraison d’armements américains à Taïwan demeure un point de friction central entre Washington et Pékin. La Chine considère l’île comme une province renégate appelée à être réunifiée, s’opposant catégoriquement à toute vente d’armes susceptibles, selon son point de vue, de renforcer la défense de Taipei. Les États-Unis, pour leur part, rappellent leur engagement au titre du Taiwan Relations Act, qui prévoit la fourniture de moyens nécessaires à l’île pour assurer sa sécurité.
Depuis plusieurs années, le Congrès américain a approuvé une succession de contrats d’armement militarisant davantage l’île. Ces livraisons ont augmenté sous l’administration Trump, qui avait multiplié les ventes de matériels, dont des missiles, avions de chasse et systèmes de défense. Cette politique s’est poursuivie sous la présidence de Joe Biden, attisant l’ire de Pékin qui dénonce une ingérence croissante des États-Unis dans ce qu’elle considère relever de sa souveraineté nationale.
À plusieurs reprises, la Chine a exprimé son inquiétude face à ce qu’elle décrit comme un « encouragement à l’indépendance de Taïwan ». Elle multiplie, en riposte, les manœuvres militaires aux abords de l’île et cherche à isoler diplomatiquement Taipei sur la scène internationale. Les autorités taïwanaises, quant à elles, voient dans le soutien américain une garantie essentielle pour leur défense, alors que Pékin n’a pas exclu l’usage de la force pour parvenir à la réunification.
La volonté affichée par Donald Trump d’aborder ouvertement ce sujet avec Xi Jinping remet sur le devant de la scène la question taïwanaise, à un moment où les relations sino-américaines oscillent entre rivalité et coopération forcée, notamment sur les dossiers économiques et climatiques. Le ton adopté par l’ex-président tranche avec celui de l’actuelle administration, qui entretient le « dialogue stratégique tout en maintenant la pression » sur la Chine.
Reste à savoir si cette déclaration se traduira par une rencontre effective et, surtout, quels termes seraient réellement abordés lors d’un éventuel face-à-face. Le Parti communiste chinois n’a, pour l’heure, pas officiellement réagi à cette annonce, tandis que du côté de Taipei, les autorités se sont contentées de rappeler « leur confiance dans l’engagement bipartisan américain en faveur de la sécurité de l’île ».
À mesure que l’échéance électorale américaine approche, la question des relations avec la Chine – et en particulier la politique à l’égard de Taïwan – s’invite plus que jamais au cœur du débat public, illustrant la place capitale de ce dossier dans la géopolitique mondiale contemporaine.
