Alors que l’apparition de cas récents de hantavirus en France suscite des interrogations, le sénateur Philippe Tabarot, membre de la commission des Affaires économiques, se veut rassurant quant à l’adoption de nouvelles mesures sanitaires strictes dans les transports. Face aux inquiétudes d’une partie de l’opinion publique et de certains professionnels du secteur, l’élu affirme que le gouvernement n’envisage pas, à ce stade, de réintroduire l’obligation du port du masque dans les transports en commun.\n\n »Aucun retour massif des masques dans les transports n’est à l’ordre du jour », a ainsi insisté Philippe Tabarot lors d’un entretien accordé ce jeudi. Cette position s’appuie sur l’analyse actuelle des autorités sanitaires, qui jugent le risque de transmission du hantavirus encore très limité, notamment au regard des modes de contamination très différents de ceux du Covid-19.\n\nIdentifié pour la première fois dans l’hexagone il y a quelques semaines, le hantavirus est une famille de virus généralement transmis à l’humain par le biais d’excréments ou de salive de rongeurs sauvages, en l’occurrence des campagnols. Les cas humains, bien que pouvant entraîner des pathologies graves dans certains contextes, restent marginaux en France et leur propagation interhumaine n’a pas été scientifiquement démontrée à l’heure actuelle. Les autorités sanitaires rappellent que le risque reste très faible pour la population générale, en particulier dans un contexte urbain ou de transports collectifs, où la présence de rongeurs infectés demeure exceptionnelle.\n\nPour Philippe Tabarot, il est donc fondamental d’éviter toute panique injustifiée, particulièrement alors que les souvenirs des restrictions imposées au plus fort de la crise du Covid-19 demeurent encore vifs dans la mémoire collective. « Nous tirons évidemment les enseignements des crises passées, mais il n’y a aucune justification épidémiologique à imposer de nouvelles contraintes à ce stade », assure le sénateur. Il rappelle qu’en déplacement ou au quotidien, la priorité des pouvoirs publics demeure avant tout l’information de la population, notamment via des consignes de vigilance basées sur l’hygiène, notamment pour les personnes susceptibles de manipuler des matériaux contaminés, comme en zone rurale.\n\nDu côté du ministère de la Santé, même son de cloche. Dans son dernier communiqué, l’institution estime « inutile de mettre en place des mesures larges et contraignantes pour la vie quotidienne, les modes de contamination du hantavirus étant très spécifiques ». La Direction générale de la santé préconise néanmoins aux personnes se rendant en forêt ou impliquées dans des activités exposant à la faune sauvage, d’adopter quelques gestes simples : éviter le contact avec les rongeurs et leurs déjections, se laver soigneusement les mains, et porter un masque uniquement en cas de manipulation suspecte de nids ou litières anciennes. Pour les usagers des transports en commun, en revanche, aucune consigne nouvelle n’a été formulée.\n\nLes acteurs économiques du secteur, de leur côté, saluent cette position de principe, y voyant une volonté d’éviter un nouveau ralentissement de l’activité. « Toute mesure qui impacterait encore nos flux de voyageurs doit s’appuyer sur des preuves solides. À l’heure actuelle, il n’y a rien qui indique un danger comparable à ce que nous avons vécu avec le coronavirus », estime ainsi une représentante de la Fédération nationale des transports de voyageurs.\n\nPour le moment, donc, la vigilance demeure de mise, mais sans retour aux mesures strictes de l’ère Covid. Une ligne de conduite qui pourrait toutefois évoluer en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique dans les prochaines semaines. Le gouvernement assure suivre « au jour le jour » les recommandations des épidémiologistes et ne pas exclure d’ajuster sa stratégie si le contexte venait à changer.

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