Face à cette situation critique, l’exécutif s’est entretenu ces derniers jours avec les représentants des principales organisations de taxis. À l’issue de ces discussions, le gouvernement a annoncé le déblocage d’une avance fiscale exceptionnelle. Cette aide vise à répondre à l’urgence en attendant une éventuelle stabilisation des prix de l’énergie ou l’introduction de mesures structurelles plus durables.

Concrètement, cette avance fiscale prendra la forme d’un crédit d’impôt anticipé pour l’année en cours, calculé en fonction du volume d’activité du taxi et du poids représenté par le carburant dans ses charges. Ce dispositif, inédit à cette échelle, sera versé directement sur le compte des chauffeurs éligibles dès le mois prochain, selon les modalités précisées par le ministère de l’Économie. « Il s’agit de soutenir un secteur essentiel au maillage et à l’accessibilité du territoire, alors qu’il subit de plein fouet le choc énergétique », insiste une source proche du dossier.

Les professionnels saluent cette annonce, bien que certains estiment qu’elle ne constitue pas une réponse suffisante. Le président d’un syndicat de chauffeurs rappelle : « L’avance fiscale va permettre de tenir quelques mois, mais le vrai problème, c’est la volatilité permanente du prix du carburant. Nous avons besoin de mesures pérennes, voire d’une fiscalité révisée sur les carburants professionnels ou d’un mécanisme de plafonnement dans la durée. » D’autres acteurs du secteur souhaitent également une réforme plus globale du régime de remboursement partiel de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).

Du côté des clients, la question d’une éventuelle répercussion de la hausse du carburant sur le prix des courses reste en suspens. Pour l’instant, la plupart des taxis choisissent de ne pas augmenter leurs tarifs afin de préserver leur clientèle, quitte à rogner sur leur rentabilité. Certaines centrales de réservation redoutent que le maintien de cette situation ne fragilise davantage un métier en mutation rapide.

Selon les dernières données, la facture de carburant représente jusqu’à 15 % du chiffre d’affaires des taxis, un taux en progression depuis plusieurs mois. Malgré des efforts pour optimiser leurs déplacements ou recourir à des véhicules hybrides, nombre de chauffeurs assurent ne plus pouvoir absorber seuls ces surcoûts.

Avec le geste annoncé, l’État entend éviter une multiplication des cessations d’activité et maintenir un maillage territorial jugé indispensable, notamment pour les personnes isolées ou en zone rurale. Reste à savoir si ce soutien conjoncturel sera suffisant pour rassurer et stabiliser une profession qui se sent depuis longtemps sous pression.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *