La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a lancé un appel pressant aux dirigeants des pays membres afin qu’ils prennent des mesures concrètes pour améliorer la compétitivité de l’Union européenne. Un enjeu devenu primordial alors que la région fait face à de multiples défis économiques et que la croissance demeure moins dynamique qu’aux États-Unis ou dans plusieurs économies émergentes.\n\nLors d’une allocution prononcée ce jeudi 6 juin lors d’une conférence organisée à Bruxelles, Christine Lagarde a dressé un constat préoccupant : l’Europe accuse un retard croissant dans plusieurs secteurs clés de l’économie mondiale. « La compétitivité de l’Union européenne n’est plus une option : c’est une condition nécessaire pour préserver notre modèle social, soutenir l’innovation et garantir la prospérité future des citoyens européens », a-t-elle affirmé devant un parterre de décideurs politiques et économiques.\n\nÉvoquant les transformations profondes de l’économie mondiale, la présidente de la BCE a souligné que l’Union européenne doit impérativement adapter ses politiques industrielles et technologiques si elle souhaite tenir tête à la concurrence des grandes puissances, notamment les États-Unis et la Chine. « Nous vivons une période de transition vers des économies plus vertes et plus numériques. Ceux qui prendront le virage de l’innovation en sortiront renforcés, ceux qui tarderont s’exposeront à une perte d’influence durable », a-t-elle mis en garde.\n\nParmi les secteurs où la compétitivité européenne est menacée, Christine Lagarde a cité l’industrie technologique, la production de semi-conducteurs, les énergies renouvelables ou encore la recherche scientifique. Elle a appelé les États membres à « agir sans délai » pour investir dans l’innovation, soutenir la formation des travailleurs et favoriser la création d’un marché unique du numérique.\n\nLa dirigeante de la BCE a insisté sur l’importance de surmonter les divisions intra-européennes et de mieux coordonner les politiques économiques. « Le potentiel du marché unique ne sera pleinement exploité que si nous levons les obstacles à la mobilité, à la concurrence et à l’investissement », a-t-elle souligné, rappelant que les disparités entre pays sont encore un frein à l’intégration économique.\n\nAutre point d’attention : la transition écologique. Selon Mme Lagarde, l’Union européenne doit poursuivre sa stratégie de décarbonation tout en veillant à préserver la compétitivité de ses industries, notamment face à des partenaires moins engagés en matière climatique. Elle a ainsi plaidé pour des politiques publiques alliant soutien à l’innovation verte, accompagnement des entreprises dans la transition et maintien de conditions équitables sur la scène internationale.\n\nS’adressant aussi aux institutions européennes, Christine Lagarde a appelé à tirer les leçons des crises récentes, comme la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, qui ont mis en évidence la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement et la dépendance de l’Europe dans certains domaines stratégiques. « La résilience de l’économie européenne passera par une plus grande autonomie et une capacité accrue à faire face aux chocs extérieurs », a-t-elle conclu.\n\nÀ la veille des élections européennes, le signal envoyé par la présidente de la BCE sonne comme une invitation claire à l’action. Sur fond de croissance molle et de concurrence exacerbée, l’avenir de la prospérité européenne dépendra, selon elle, de la capacité des responsables politiques à engager sans tarder les réformes nécessaires.
