La Chine et les États-Unis se sont engagés à honorer l’intégralité des accords commerciaux convenus entre les deux principales puissances économiques mondiales, a annoncé Pékin ce lundi. Cet engagement a été pris au terme de discussions bilatérales menées par vidéoconférence, marquant un nouveau signal d’apaisement dans les relations parfois tumultueuses entre Washington et Pékin.
Selon un communiqué diffusé par le ministère chinois du Commerce, les deux parties ont convenu d’«appliquer tous les accords économiques et commerciaux existants». Le texte souligne la volonté réciproque de résoudre les différends tout en favorisant une coopération «constructive» pour stabiliser les liens économiques et commerciaux.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les tensions n’ont cessé de rythmer les relations sino-américaines au cours des dernières années, tant sur le front économique que géopolitique. Malgré l’accumulation de mesures protectionnistes et de sanctions mutuelles, la Chine et les États-Unis restent étroitement interdépendants sur le plan commercial, la première étant l’un des principaux partenaires commerciaux de la seconde.
L’un des accords phares entre les deux pays demeure l’accord dit de «phase un», signé en janvier 2020 après des mois de guerre commerciale marquée par une multiplication de droits de douane réciproques. Dans ce cadre, Pékin s’était engagé à augmenter significativement ses achats de produits américains – notamment agricoles, manufacturés et énergétiques –, tandis que Washington acceptait de moduler certaines de ses taxes douanières. Toutefois, la mise en œuvre de cet accord a fait l’objet de critiques, notamment côté américain, qui estime que la Chine n’a pas atteint la totalité des objectifs en matière d’importations.
Depuis le changement d’administration à la Maison Blanche, la politique américaine à l’égard de la Chine est restée très ferme, avec le maintien de la plupart des sanctions commerciales imposées sous Donald Trump. L’actuel gouvernement ne cache pas ses préoccupations concernant les pratiques industrielles et technologiques chinoises, ainsi que la question sensible du transfert de technologies. Washington continue également de dénoncer ce qu’il considère comme des restrictions à l’accès au marché chinois pour les entreprises étrangères.
L’annonce conjointe peut également être interprétée comme une recherche d’équilibre, à un moment où les chaînes d’approvisionnement mondiales, fortement bousculées par la pandémie de Covid-19 et les tensions géopolitiques, nécessitent une meilleure coopération internationale. «Les échanges commerciaux solides entre nos deux pays servent les intérêts fondamentaux de la Chine, des États-Unis et du reste du monde», a déclaré un haut responsable chinois cité par l’agence officielle Xinhua.
Certains observateurs y voient un pas modeste mais significatif vers la réduction des incertitudes pesant sur les relations bilatérales. Néanmoins, les divergences structurelles demeurent importantes, notamment sur le respect de la propriété intellectuelle, les droits de l’homme ou encore l’accès au secteur technologique. Pékin de son côté met en avant la nécessité d’«un dialogue sur un pied d’égalité» et le rejet de toute logique d’affrontement systématique.
À l’heure où les marchés financiers scrutent de près les signaux en provenance de Washington et de Pékin, cet engagement réaffirmé à respecter l’ensemble des accords commerciaux offre pour l’instant un élément de stabilité bienvenu. Mais de nombreux acteurs restent prudents, estimant que seul un dialogue soutenu et des avancées concrètes viendront réellement dissiper les tensions anciennes entre les deux économies géantes du globe.
