Coup dur pour l’emploi industriel en Lorraine. Le groupe Indorama, acteur majeur du secteur de la chimie et des polymères, a confirmé ce mardi la fermeture prochaine de son usine implantée à Saint-Avold (Moselle), entraînant la suppression de plus de 160 postes. Cette décision, officialisée lors d’un comité social et économique extraordinaire, fait suite à des difficultés économiques persistantes et à la conjoncture défavorable sur les marchés européens depuis plusieurs mois.\n\nSituée sur la plateforme chimique de Carling-Saint-Avold, l’usine Indorama produisait principalement du polypropylène, un plastique largement utilisé dans l’industrie automobile, l’emballage et de nombreux secteurs manufacturiers. Ouverte au début des années 2010 après la reprise de l’activité par la multinationale d’origine thaïlandaise, l’usine était considérée comme un site stratégique pour la filière pétrochimique lorraine, héritière d’une longue histoire industrielle régionale.\n\nCe mardi matin, la direction a annoncé la mauvaise nouvelle aux salariés. Selon le communiqué transmis à la presse, Indorama se voit « contraint de procéder à l’arrêt définitif de la production », invoquant la poursuite de la dégradation des marges et la baisse structurelle de la demande en Europe. Le management ajoute que des plans de reclassement seront étudiés mais que l’ensemble des 165 salariés permanents sont concernés par ce plan social, auxquels s’ajoutent plusieurs emplois indirects menacés dans la sous-traitance et sur la plateforme industrielle.\n\nPour les représentants du personnel, cette annonce est venue sonner le glas d’une période d’incertitude. « Le coup est rude. Tous espéraient que la direction trouverait une solution pour éviter la fermeture. Mais la situation ne cesse de se dégrader depuis la crise sanitaire et avec la concurrence internationale. Le site était au ralenti depuis de longs mois », confie un syndicaliste joint par téléphone. Les syndicats dénoncent par ailleurs « l’absence de vision industrielle pour la région » et s’inquiètent de la poursuite des suppressions d’emplois dans le secteur pétrochimique de la vallée de la Fensch.\n\nLa décision d’Indorama intervient dans un contexte de mutations profondes du secteur pétrochimique européen, confronté à la concurrence accrue des producteurs du Moyen-Orient et d’Asie, au renchérissement du coût de l’énergie et à la montée des normes environnementales. Ces dernières années, plusieurs sites de production française ont réduit leurs capacités ou mis en extinction certaines lignes, amplifiant la désindustrialisation progressive de territoires comme la Lorraine, déjà éprouvée par la fermeture des mines, puis de la sidérurgie.\n\nLe gouvernement, par la voix du ministère de l’Industrie, dit avoir pris acte de la décision d’Indorama et promet d’accompagner les salariés touchés par ce plan social. Des réunions d’urgence doivent être organisées avec les services de l’État et les collectivités locales pour tenter d’identifier des solutions de reconversion ou le montage de projets de reprise.\n\nPour l’heure, l’avenir des 165 salariés demeure suspendu à la procédure d’information-consultation qui va s’ouvrir dans les prochaines semaines. La fermeture effective de l’usine devrait intervenir avant la fin de l’année si aucun scénario alternatif n’était trouvé d’ici là. Un nouveau coup porté au tissu industriel lorrain, qui espérait amorcer une diversification vers de nouvelles industries vertes, mais subit de plein fouet la recomposition du secteur pétrochimique.

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