L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle ne profite pas qu’aux géants de la tech. Chez OpenAI, le laboratoire à l’origine du désormais célèbre ChatGPT, certains employés sont devenus, en à peine quelques années, de véritables magnats grâce à la croissance spectaculaire de la valorisation de l’entreprise. Le montant des fortunes individuelles générées donnerait même le tournis, puisque la valorisation du groupe fondé en 2015 a grimpé jusqu’à 30 milliards de dollars. Un enrichissement rapide qui raconte autant l’incroyable trajectoire d’OpenAI, que le nouvel eldorado financier que représente l’IA générative.

L’histoire débute pourtant comme de nombreuses start-up californiennes. OpenAI, créée avec l’ambition de développer une intelligence artificielle générale tout en garantissant sa sécurité et son accessibilité, rassemble dès ses débuts une équipe cosmopolite de chercheurs et d’ingénieurs. Parmi eux, certains reçoivent, en complément de leur salaire, des parts ou des options leur permettant d’acquérir ultérieurement des actions d’OpenAI à des conditions avantageuses. Il s’agit d’une pratique fréquente dans la Silicon Valley, destinée à attirer des talents dans un secteur où la concurrence fait rage.

Mais la trajectoire d’OpenAI sort rapidement de l’ordinaire. Alors que l’entreprise multiplie les percées technologiques majeures, elle attire l’attention d’investisseurs de poids comme Microsoft, qui injecte en plusieurs fois des milliards dans la start-up. Parallèlement, l’explosion de la demande pour ses outils – à commencer par ChatGPT, lancé fin 2022 – fait grimper en flèche la valorisation de l’entreprise. Selon des sources familiarisées avec ses dernières levées de fonds, OpenAI serait aujourd’hui valorisée près de trente milliards de dollars, catapultant les détenteurs de stock-options dans une catégorie de super-riches.

Cette explosion de la valorisation a permis à certains salariés de monétiser au moins une partie de leur participation lors des « tender offers », ces ventes d’actions à des investisseurs extérieurs organisées avant une éventuelle entrée en Bourse. Résultat : plusieurs dizaines d’employés, souvent présents depuis les débuts du laboratoire, sont ainsi devenus multimillionnaires, voire pour certains, possesseurs de fortunes dépassant la centaine de millions de dollars. Un phénomène d’autant plus exceptionnel qu’OpenAI, à l’origine une organisation à but non lucratif, n’avait pas vocation première à fabriquer des millionnaires.

Cette spectaculaire ascension sociale illustre le gigantesque appétit du secteur technologique pour les pionniers de la révolution de l’intelligence artificielle. L’enrichissement des salariés d’OpenAI n’est finalement que le reflet des enjeux vertigineux qui se dessinent autour de l’IA générative, alors que les géants du numérique redoublent d’investissements pour tenter d’en capter les bénéfices économiques et stratégiques. Pour certains, le phénomène interroge : quels garde-fous conserver, alors que la concentration de telles richesses en quelques mains nourrit tout à la fois fascinaton et critique sociale ? Une question que la Silicon Valley, où la réussite individuelle reste la règle, tarde encore à résoudre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *