Le géant américain de l’aéronautique Boeing a annoncé ce jeudi avoir obtenu une commande majeure de la part de la Chine. Selon le constructeur, Pékin s’est engagé à acheter 200 appareils, marquant ainsi l’un des plus importants contrats jamais signés entre la firme américaine et la première puissance asiatique. Cet accord emblématique intervient dans un contexte de reprise progressive du trafic aérien chinois et alors que la concurrence avec l’européen Airbus fait rage pour s’imposer sur ce marché stratégique.\n\nLa valeur du contrat s’élèverait à plusieurs dizaines de milliards de dollars, même si le groupe basé à Seattle n’a pas précisé les détails financiers de la transaction. Selon une source proche du dossier, les modèles concernés incluraient à la fois le célèbre best-seller 737 MAX et certains long-courriers 787 Dreamliner, destinés à répondre à la demande croissante des compagnies chinoises aussi bien sur les lignes intérieures qu’internationales.\n\n »Cet engagement traduit la confiance renouvelée des partenaires chinois dans la famille d’appareils Boeing et leur volonté de soutenir la modernisation de leur flotte », a commenté Dave Calhoun, directeur général du groupe, dans un communiqué transmis à la presse. L’industriel souligne également que ce partenariat de long terme permet de garantir des milliers d’emplois aux États-Unis et d’assurer le maintien d’une chaîne logistique globale avec la Chine.\n\nLa transaction intervient alors que le secteur aérien sort progressivement de la crise sans précédent provoquée par la pandémie de Covid-19. En Chine, la reprise du trafic s’est accélérée depuis la levée des mesures sanitaires liées à la stratégie zéro-Covid. Le gouvernement chinois anticipe désormais une explosion du nombre de passagers dans les années à venir, tirée par la hausse du niveau de vie, l’urbanisation rapide et un fort appétit des consommateurs pour la mobilité.\n\nDe son côté, Boeing doit composer avec les conséquences de l’immobilisation prolongée de son 737 MAX, suite à deux accidents tragiques en 2018 et 2019. La Chine avait été l’un des premiers pays à clouer au sol ce modèle clé de la gamme moyen-courrier. Suspendues depuis 2019, les livraisons d’appareils à la Chine n’avaient repris que très récemment. Ce nouvel accord « symbolise la normalisation progressive des relations commerciales entre Boeing et ses partenaires chinois », selon les observateurs du secteur.\n\nReste que le marché chinois demeure âprement disputé. Ces dernières années, Airbus s’est imposé comme le fournisseur numéro un d’avions civils en Chine, profitant notamment des difficultés de Boeing. Par ailleurs, Pékin mise désormais sur le développement de son propre avionneur national, COMAC, dont le C919 a effectué ses premiers vols commerciaux. Face à cette concurrence, Boeing n’entend pas céder du terrain et multiplie les efforts pour regagner la confiance des opérateurs chinois.\n\nPour l’heure, l’accord annoncé cette semaine représente une bouffée d’oxygène pour Boeing, qui cherche par ailleurs à rassurer ses clients et partenaires sur la fiabilité et la sécurité de ses appareils. Dans un marché mondial où la demande d’avions devrait continuer à croître dans la décennie à venir, la bataille entre industriels s’annonce plus que jamais déterminante.
