Les cours du pétrole ont clôturé en hausse mercredi, au terme d’une séance marquée par l’incertitude et la volatilité, alors même que les principales bourses européennes et américaines manquaient de direction claire. Cette progression intervient après plusieurs jours d’indécision, dans un contexte économique mondial toujours difficile à décrypter.
Au terme des échanges, le baril de Brent de la mer du Nord, référence pour le marché européen, a gagné quelques points, clôturant à 78,32 dollars, en hausse de 1,34%. De son côté, le WTI américain a terminé à 74,13 dollars, progressant de 1,61%. Après un début de séance hésitant, les deux principales références mondiales ont profité d’un rebond progressif dans l’après-midi, confirmant la tendance à la légère reprise observée ces dernières séances.
Selon plusieurs analystes, cette hausse s’explique en partie par la faiblesse du dollar, qui rend le brut, coté en billets verts, plus attractif pour les investisseurs munis d’autres devises. « Un affaiblissement du dollar américain a généralement un effet positif sur les matières premières libellées en dollar, et le pétrole n’échappe pas à cette règle », explique Philippe Chalmin, expert des marchés de l’énergie. La parité euro-dollar a été particulièrement suivie par les investisseurs, après la publication de données macroéconomiques jugées mitigées pour les Etats-Unis, contribuant à renforcer le dollar en début de séance, avant un léger recul dans l’après-midi.
Par ailleurs, la séance a été marquée par la publication du rapport hebdomadaire sur les stocks américains de brut par l’Agence d’information sur l’énergie (EIA). Les réserves commerciales de pétrole brut aux Etats-Unis ont diminué de 2,1 millions de barils la semaine dernière, là où les marchés anticipaient un repli moins marqué. Cette baisse inattendue confirme une certaine tension sur l’offre, à la veille de la période estivale, traditionnellement synonyme de hausse de la demande en carburants.
Autre facteur de soutien au marché : le feuilleton autour de l’accord nucléaire iranien. Malgré l’absence de véritable avancée entre Téhéran et les pays occidentaux, les investisseurs restent attentifs à toute évolution susceptible de modifier la donne géopolitique et, par ricochet, d’affecter l’équilibre entre offre et demande. « Les craintes concernant une possible levée des sanctions contre l’Iran et un retour rapide du pétrole iranien sur le marché semblent s’être atténuées pour le moment », observe une note de UBS.
En toile de fond, les opérateurs demeurent toutefois partagés concernant les perspectives du pétrole à moyen terme. Si la reprise économique post-pandémie soutient encore la consommation mondiale, de nombreux signaux laissent planer une ombre sur le rebond attendu. La croissance de l’activité manufacturière ralentit dans plusieurs régions, notamment en Chine, premier importateur mondial de brut, suscitant des doutes sur la vigueur de la demande dans les mois à venir.
Dans ce contexte, les membres de l’Opep+ restent vigilants face à la volatilité des prix. L’alliance, qui regroupe une vingtaine de principaux pays producteurs, doit se réunir dans les prochaines semaines afin d’ajuster sa politique de production. D’ici là, les marchés continueront de surveiller de près l’évolution de la conjoncture économique et les indicateurs susceptibles d’orienter la trajectoire des cours pétroliers.
Au terme de cette séance incertaine, la progression modérée des prix confirme un certain regain de prudence parmi les investisseurs, qui jonglent entre espoirs de reprise et craintes d’un nouvel accès de volatilité mondiale.
