Le géant français des grands magasins Galeries Lafayette a annoncé la fermeture définitive de son établissement situé au cœur de la capitale chinoise, Pékin, marquant la fin d’une aventure commerciale qui aura duré près de dix ans. Cette décision met en lumière les difficultés croissantes rencontrées par les enseignes occidentales du secteur du luxe face à une concurrence locale exacerbée et à l’évolution des habitudes de consommation de la clientèle chinoise.
Inauguré en 2013 sur l’avenue Xidan, l’une des principales artères commerçantes de la ville, le magasin des Galeries Lafayette à Pékin se voulait alors la vitrine du savoir-faire et de l’élégance à la française. Le choix du groupe reposait sur l’idée de capter le dynamisme d’un marché chinois en plein essor, qui suscitait alors l’intérêt grandissant des plus grandes marques internationales du secteur de la mode et du luxe. Pourtant, malgré un accueil chaleureux lors de l’ouverture, l’enseigne a peiné à trouver sa place parmi une clientèle volatile et de plus en plus exigeante.
La direction des Galeries Lafayette justifie aujourd’hui sa décision par des performances jugées insuffisantes. Selon plusieurs observateurs, si l’enseigne a réussi à attirer les touristes étrangers et une partie de la classe moyenne émergente, elle n’est jamais parvenue à fidéliser durablement les consommateurs locaux, friands de nouveautés et très connectés. En cause : une concurrence féroce des acteurs nationaux, mais aussi la montée en puissance des plateformes de commerce en ligne, qui dictent désormais le rythme du secteur en Chine.
Le contexte de la pandémie de Covid-19 a par ailleurs fragilisé un peu plus la situation du magasin. La crise sanitaire, en limitant drastiquement les flux touristiques et en bouleversant les comportements d’achat, a accru la pression sur des enseignes déjà sous tension. Les Galeries Lafayette ne sont pas les seules à connaître pareille mésaventure en Chine : d’autres groupes internationaux du luxe, tels que Marks & Spencer ou encore Macy’s, ont eux aussi dû revoir à la baisse leurs ambitions sur le marché chinois ces dernières années.
Face à ce revers, le groupe français affirme toutefois croire toujours au potentiel du marché chinois. Les Galeries Lafayette s’appuient désormais sur d’autres points de vente, notamment celui inauguré en 2019 à Shanghai, considéré par la direction comme plus performant et mieux adapté au profil de la clientèle urbaine et branchée. L’entreprise assure vouloir poursuivre son développement en Asie, tout en ajustant sa stratégie pour répondre aux attentes spécifiques des consommateurs chinois, de plus en plus sensibles à l’innovation, au digital et à la personnalisation de l’expérience d’achat.
La fermeture du magasin de Pékin, même si elle ne remet pas en cause la présence du groupe dans le pays, sonne comme un avertissement pour les acteurs occidentaux du secteur : il ne suffit plus de miser sur le prestige d’une marque pour séduire le marché chinois. Comprendre les codes locaux, s’adapter rapidement aux évolutions technologiques et améliorer l’offre de services sont devenus autant de conditions incontournables pour réussir à conquérir et fidéliser une clientèle chinoise plus volage que jamais. Les Galeries Lafayette, forts de cette expérience, devront désormais faire preuve d’audace et d’agilité pour continuer à rayonner en Asie.
