Dans un contexte où les inégalités économiques continuent de s’accentuer en France, la question de la fiscalité appliquée au patrimoine des plus fortunés revient régulièrement dans le débat public. Dernière voix à prendre position sur ce sujet sensible : Éric Lombard, ancien ministre, qui plaide pour un renforcement de la taxation sur le patrimoine des ménages aisés. \n\n »Il faut taxer davantage le patrimoine », a affirmé M. Lombard, s’inscrivant ainsi dans la lignée des propositions visant à rééquilibrer la charge fiscale entre revenus du travail et du capital. Pour l’ancien responsable gouvernemental, la structure actuelle des prélèvements en France favorise excessivement les détenteurs de capitaux au détriment des actifs salariés, un déséquilibre qu’il juge source de tensions économiques et sociales.\n\nSelon Éric Lombard, la suppression partielle de l’impôt sur la fortune (ISF) au profit de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) n’a pas produit les effets escomptés sur l’investissement productif, tout en diminuant la contribution des foyers les plus aisés à l’effort collectif. « Nous constatons que la concentration de la richesse s’intensifie et que le rendement des impositions sur la fortune s’est considérablement amoindri depuis la réforme de 2018 », analyse-t-il. Pour lui, il existe désormais une véritable urgence à repenser la fiscalité du patrimoine pour rétablir une certaine équité fiscale.\n\nL’ancien ministre propose ainsi une refonte du système, à travers une taxation accrue des héritages les plus importants et des actifs financiers, tout en préservant, selon lui, l’attractivité économique de la France. Il invite à s’inspirer des modèles mis en place chez certains de nos voisins européens où, relève-t-il, la taxation du capital est globalement plus conséquente. S’appuyant sur plusieurs études économiques, Éric Lombard insiste sur l’importance d’une fiscalité progressive qui épargne les classes moyennes et concentre l’effort sur les très hauts patrimoines. « Les économies qui parviennent à maintenir une cohésion sociale ne sont pas celles où la fiscalité épargne le capital, mais celles où elle contribue à une redistribution juste », argue-t-il.\n\nAbordant les craintes liées à un éventuel exil fiscal, M. Lombard estime que ces débats sont souvent exagérés et instrumentalisés afin de figer le statu quo. « Il y a des stratégies d’optimisation qui existent, certes, mais l’essentiel des patrimoines reste localisé en France, même après les réformes défavorables pour les détenteurs de fortunes », tempère-t-il. Il ajoute que d’autres leviers existent pour renforcer la compétitivité sans pour autant creuser les inégalités, avec, au sein de la fiscalité, une place centrale dévolue à l’investissement dans l’économie réelle plutôt qu’aux placements spéculatifs.\n\nEnfin, Éric Lombard en appelle à une concertation nationale réunissant pouvoirs publics, économistes et représentants des citoyens pour élaborer une fiscalité du patrimoine plus juste et mieux acceptée socialement. Pour lui, toute réforme passerait inévitablement par un débat transparent sur l’affectation des prélèvements collectés, afin que les contribuables perçoivent concrètement les bénéfices d’une imposition rénovée. « Il en va de la crédibilité de l’action publique et du pacte républicain », conclut-il, convaincu qu’une telle évolution s’impose comme une nécessité pour affronter les défis économiques et sociaux à venir.

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