Face à la prolifération des escroqueries financières sur internet, la mobilisation citoyenne s’organise. L’association Que Choisir Ensemble, une alliance de consommateurs issue de l’UFC-Que Choisir, a décidé de hausser le ton : elle vient de porter plainte contre trois des géants du numérique, Meta (maison-mère de Facebook et Instagram), TikTok et Google. En cause, leur supposée passivité face à la multiplication des arnaques financières circulant sur leurs plateformes.

Depuis plusieurs années, le phénomène des fraudes en ligne ne cesse de prendre de l’ampleur en France. Selon la Banque de France et l’Autorité des marchés financiers, les signalements d’arnaques liées à de faux investissements, crypto-actifs ou placements financiers bidons ont explosé. Les victimes font souvent face à des publicités ou publications sur les réseaux sociaux qui mènent vers des sites frauduleux promettant des rendements mirobolants. Une fois le premier versement effectué, l’argent disparaît sans possibilité de retour, laissant les épargnants dépités.

Dans ce contexte, Que Choisir Ensemble reproche à Meta, Google et TikTok de ne pas suffisamment contrôler les contenus diffusés sur leurs plateformes, permettant ainsi la dissémination des offres frauduleuses. « Il n’est pas normal qu’en 2024, les principaux réseaux sociaux et moteurs de recherche restent des passoires pour des contenus qui ruinent des milliers de personnes », déplore Julien Morel, porte-parole de l’association citoyenne. Les plaintes déposées accusent ces géants de carence dans leurs obligations de régulation et de transparence, pointant aussi le manque de réponses apportées aux signalements effectués par les internautes et organismes de protection.

Pour accompagner sa démarche, Que Choisir Ensemble s’appuie sur de nombreux témoignages de victimes ayant été approchées via Facebook, Instagram, TikTok ou encore par le biais de liens promus dans les résultats de Google. Certains se sont retrouvés appauvris, privés de leurs économies, d’autres fragilisés émotionnellement. Plusieurs victimes interrogées rapportent le sentiment d’avoir été abandonnées par ces plateformes, qui tardent à réagir et à retirer les contenus incriminés, quand elles ne laissent pas tout simplement les arnaques prospérer.

L’association rappelle également les efforts législatifs récents, comme la loi européenne sur les services numériques (DSA), qui accroît la responsabilité des grands acteurs du web dans la lutte contre les contenus illicites, dont les escroqueries financières font partie. « La régulation existe, elle doit maintenant se traduire dans les faits. Les plateformes ont les moyens de mieux protéger leurs utilisateurs, il est urgent qu’elles assument leur rôle de garantes de la sécurité en ligne », insiste l’UFC-Que Choisir Ensemble.

Interrogés sur ces accusations, Meta, TikTok et Google affirment avoir renforcé leurs équipes de modération et déployer depuis plusieurs mois des outils technologiques pour repérer et supprimer les contenus frauduleux, tout en facilitant les signalements. Toutefois, pour l’association, ces mesures restent très largement insuffisantes face à l’ampleur du problème. Elle réclame la mise en œuvre effective et rapide de mesures concrètes : vérification systématique des annonceurs, retraits plus diligents des contenus litigieux et meilleures réparations pour les victimes.

Au-delà de la plainte déposée en justice, Que Choisir Ensemble espère provoquer une prise de conscience du public et des décideurs. L’association encourage à la vigilance et rappelle l’importance de ne pas cliquer à la légère sur les offres trop alléchantes aperçues en ligne. Pour les plateformes visées, cette action collective constitue un nouveau signal d’alarme sur l’urgence de renforcer la protection des internautes face aux arnaques financières.

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