Avant que ne débute un procès très attendu contre la start-up d’intelligence artificielle OpenAI, Elon Musk, patron de Tesla et SpaceX, connaît une série de revers judiciaires qui fragilisent sa position. L’entrepreneur américain, habitué du devant de la scène médiatique, doit en effet gérer plusieurs échecs successifs devant les tribunaux, alors qu’il intensifie sa bataille contre un secteur de l’IA en pleine croissance.\n\nLe milliardaire sud-africain, qui s’est récemment signalé par ses prises de position tranchées à propos de l’intelligence artificielle, affronte des vents contraires sur le plan légal. Ces derniers mois, plusieurs décisions de justice lui ont été défavorables, ternissant momentanément son image d’homme d’affaires intouchable. Le climat de tension juridique dans lequel il évolue pèsera-t-il sur l’issue du futur contentieux avec OpenAI ? Rien n’est moins sûr, mais la multiplication des dossiers ne joue certainement pas en sa faveur.\n\nParmi les dossiers majeurs auxquels Elon Musk doit aujourd’hui faire face, on retrouve d’abord la plainte de plusieurs actionnaires de Tesla. Ceux-ci l’accusent d’avoir outrepassé ses fonctions et d’avoir perçu une rémunération jugée astronomique au sein du constructeur automobile. En janvier de cette année, un tribunal du Delaware a statué en leur faveur, invalidant un plan de rémunération de 56 milliards de dollars, censé récompenser les performances exceptionnelles de Musk à la tête de Tesla. Cette décision est un désaveu pour le dirigeant, même si l’affaire est désormais en phase d’appel.\n\nÀ cette épine dans le pied s’ajoute une autre affaire d’envergure : l’acquisition de Twitter, devenu X, pour 44 milliards de dollars en 2022. Des investisseurs s’estiment lésés par la manière dont Musk a mené l’opération, l’accusant d’avoir manipulé le marché ou omis certaines informations clés lors des négociations. Là encore, plusieurs procédures sont en cours, contribuant à alourdir l’agenda judiciaire déjà chargé du milliardaire.\n\nCes revers juridiques interviennent alors qu’Elon Musk relance sa croisade contre OpenAI, société qu’il a cofondée en 2015 avant de s’en retirer en 2018. En mars, Musk a assigné l’entreprise californienne et son PDG, Sam Altman, les accusant de s’être détournés de leur mission d’origine : développer une intelligence artificielle bénéfique pour l’humanité, sans but lucratif. Selon Musk, OpenAI privilégierait désormais les intérêts financiers de Microsoft, principal investisseur, au détriment de la transparence et du bien commun.\n\nLe procès qui se profile entre Musk et OpenAI s’annonce particulièrement complexe. D’un côté, il met en lumière la question des modèles économiques adoptés par les acteurs majeurs de l’intelligence artificielle ; de l’autre, il risque de polariser davantage le débat, déjà sensible, autour des risques associés à la course mondiale à l’IA. Selon des observateurs, les récentes défaites judiciaires d’Elon Musk pourraient être exploitées par ses adversaires pour tenter de discréditer son argumentaire.\n\nPour autant, le patron de SpaceX ne renonce pas à faire entendre sa voix, et espère s’imposer comme un acteur clé du contrôle de l’intelligence artificielle. Il vient d’ailleurs de lancer son propre laboratoire d’IA, xAI, et mobilise une influence considérable auprès de la sphère politique et technologique américaine.\n\nLa stratégie judiciaire d’Elon Musk, ponctuée de coups d’éclat et de contestations en appel, n’a pas encore livré tous ses secrets. Une chose est certaine : son affrontement avec OpenAI sera scruté de près par toute l’industrie technologique, alors que les débats autour de la gouvernance de l’IA et de la responsabilité des géants du numérique ne cessent de prendre de l’ampleur.
