Pour chaque euro investi dans une université, trois euros seraient générés sur le territoire concerné. C’est le message fort lancé par Lamri Adoui, président de l’université de Caen, qui milite pour une reconnaissance accrue de l’impact économique des établissements d’enseignement supérieur dans les régions.

Lors d’un entretien accordé à la presse économique, Lamri Adoui a détaillé les retombées multiples de l’activité universitaire. Selon lui, les universités jouent un rôle moteur en matière de développement local : « L’université n’est pas seulement un lieu de transmission des savoirs, c’est aussi un acteur clé de l’économie, de la vie sociale et de l’innovation de son territoire », affirme-t-il avec conviction. D’après ses estimations, chaque euro injecté dans une université bénéficie d’un effet multiplicateur significatif, générant trois euros en valeur ajoutée pour la région.

Ce calcul, désormais relayé par de nombreux présidents d’université, repose sur une analyse des dépenses directes et indirectes liées à l’activité universitaire. Aux investissements immobiliers et à la masse salariale s’ajoutent les dépenses de fonctionnement, les achats de services et de fournitures auprès d’entreprises locales, ainsi que l’impact de la présence des étudiants. « Les étudiants dépensent chaque année des milliers d’euros en logement, alimentation, transport ou loisirs. Ces flux irriguent tout l’écosystème local », explique Lamri Adoui.

Mais l’effet multiplicateur ne s’arrête pas là : « Les universités attirent aussi de nombreux chercheurs et porteurs de projets, qui collaborent avec les entreprises régionales pour faire émerger de nouvelles filières ou valoriser la recherche », ajoute le président de l’université de Caen. Selon une étude de France Universités, plus de la moitié des sociétés innovantes créées dans les territoires sont portées par des diplômés ou chercheurs issus des établissements locaux.

Outre l’impact économique direct, Lamri Adoui met en avant la contribution des universités à l’attractivité des territoires. « Beaucoup de familles choisissent de s’installer dans une ville en fonction de la présence de filières universitaires reconnues. Cela facilite à la fois le recrutement des talents et le dynamisme des tissus industriels régionaux », affirme-t-il. Les universités jouent ainsi un rôle clé dans la stratégie d’aménagement du territoire, en maintenant une offre de formation de qualité et en développant des pôles de recherche d’excellence.

Pourtant, souligne Lamri Adoui, cet apport reste trop souvent sous-estimé dans les politiques publiques : « Nous avons besoin que l’État et les collectivités prennent davantage conscience de cet effet levier. La vitalité de toute une région dépend aussi de la bonne santé de son université ». Il plaide donc pour une hausse des crédits alloués à l’enseignement supérieur et pour un soutien plus affirmé aux initiatives partenariales réunissant universités, collectivités et entreprises.

L’exemple de l’université de Caen illustre cette dynamique vertueuse. En lien avec le tissu économique local, l’établissement a développé ces dernières années plusieurs collaborations avec les filières numériques, l’agroalimentaire, mais aussi la santé et l’énergie. Ces partenariats ont permis non seulement d’attirer des financements privés, mais également de favoriser la création d’emplois qualifiés et de startups innovantes sur le territoire normand.

Pour Lamri Adoui, il s’agit désormais de pérenniser et amplifier ce cercle vertueux : « Investir dans les universités, c’est investir dans l’avenir des territoires. C’est créer de la valeur sur le long terme, tant pour les étudiants que pour le tissu économique local », conclut-il, appelant à placer l’enseignement supérieur au cœur des priorités stratégiques des territoires.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *