À la veille d’un vote crucial concernant son rapport sur l’audiovisuel public, Charles Alloncle, président de la commission spécialisée, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « fake news » entourant le débat parlementaire. Alors que les discussions autour de la réforme de l’audiovisuel public s’intensifient, l’élu pointe du doigt une série d’informations inexactes diffusées dans l’opinion, et appelle à un débat basé sur « l’objectivité et la responsabilité ».
Depuis plusieurs semaines, la question de l’avenir et du financement de l’audiovisuel public cristallise les tensions entre les différents groupes politiques, syndicats et acteurs du secteur. La diffusion de rumeurs et d’informations non vérifiées a contribué à alimenter la confusion autour des enjeux réels du rapport présenté par Charles Alloncle à l’Assemblée nationale. Selon l’élu, cette campagne de désinformation risque de détourner l’attention des parlementaires et de la population du cœur du sujet : la modernisation des missions et des ressources des groupes audiovisuels publics.
« Il est primordial que les débats se fondent sur des faits, non sur des idées reçues ou des manipulations », a martelé Charles Alloncle lors d’une intervention en séance publique. De fausses assertions concernant une prétendue privatisation totale de France Télévisions, la suppression de postes massifs ou encore la fin des contenus culturels de service public auraient, selon lui, circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux. L’élu s’insurge notamment contre des commentaires qu’il estime « infondés » diffusés par certains porte-paroles syndicaux et responsables d’opposition politique.
Le rapport sur l’audiovisuel public, qui doit être soumis au vote dans les prochains jours, doit fixer le cap de l’audiovisuel de service public pour les années à venir. Il comprend des volets sur la gouvernance, le financement, la transformation numérique et l’offre de programmes. Mais c’est la question du financement, fortement touchée par la suppression annoncée de la redevance audiovisuelle, qui suscite le plus de débats et d’inquiétudes. Charles Alloncle insiste pour rappeler que le texte comporte « des garanties pour l’indépendance éditoriale et financière » du secteur, et vise avant tout à lui permettre de « mieux répondre aux attentes des citoyens à l’ère du numérique ».
Face à la multiplication des prises de position tranchées, les échanges entre partisans et opposants à la réforme ont gagné en virulence, notamment sur les plateformes numériques. Certains syndicats redoutent une précarisation des emplois, tandis que des associations de défense du service public mettent en avant le risque de voir s’effriter l’offre culturelle et éducative. Pour Charles Alloncle, ces craintes sont largement « instrumentalisées » et ne reflètent pas, selon lui, la « réalité des propositions du rapport ».
Interrogé sur la possibilité d’amender le texte, Charles Alloncle s’est dit ouvert à « toute proposition constructive, fondée sur des analyses sérieuses et étayées », tout en refusant de « céder à la pression de campagnes de dénigrement ». Il en appelle à la responsabilité de tous les acteurs, parlementaires comme membres de la société civile, pour « élever le débat et privilégier l’intérêt général sur la désinformation ».
Le vote sur le rapport Alloncle, très attendu par les professionnels du secteur comme par les téléspectateurs, s’annonce d’ores et déjà décisif pour la suite des réformes de l’audiovisuel public. Il devrait servir de révélateur du rapport de force entre réformateurs et défenseurs du statu quo, dans un contexte où l’information et la lutte contre les fausses nouvelles apparaissent comme des enjeux centraux du débat démocratique.
