Les électeurs californiens seront appelés à se prononcer, lors des prochaines élections de novembre, sur l’instauration d’une nouvelle taxe touchant les milliardaires résidant dans l’État. Cette proposition, qui fait débat depuis plusieurs mois dans les sphères politiques et économiques locales, promet d’alimenter les discussions jusqu’au jour du scrutin.
À la manœuvre derrière cette initiative, on retrouve un ensemble de responsables politiques, soutenus par des organisations progressistes, qui estiment que la fiscalité actuelle ne permet pas de capter suffisamment de ressources auprès des plus grandes fortunes de l’État. Selon eux, l’augmentation des rentrées fiscales pesant sur les personnes ultra-riches est devenue impérative pour assurer un meilleur financement des infrastructures publiques, de l’éducation, de la santé ou encore de la lutte contre le changement climatique.
La proposition, qui sera soumise à référendum, vise spécifiquement les contribuables dont la fortune excède de très loin le seuil du milliard de dollars. Elle prévoit un prélèvement supplémentaire sur leurs revenus et sur la valeur de certains actifs, en complément des impôts existants.
Les partisans du projet mettent en avant le poids exceptionnel des milliardaires sur l’économie californienne, rappelant que l’État de Californie compte à lui seul plusieurs dizaines des personnes les plus riches de la planète, dont nombre sont directement impliquées dans les secteurs de la technologie, du divertissement ou de la finance. Ils avancent que malgré une conjoncture favorable à une part de la population, des inégalités de revenus spectaculaires persistent et se sont même creusées au fil des dernières décennies.
Selon un rapport publié récemment par le bureau du secrétaire au Trésor californien, la mise en place de cette taxe pourrait générer plusieurs milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires chaque année. Les fonds ainsi récoltés seraient directement affectés à un certain nombre de programmes sociaux ciblés, permettant de réduire la pauvreté, d’améliorer l’accès aux soins et de moderniser les écoles publiques, tout en investissant dans la transition énergétique.
Mais la démarche n’est pas sans susciter de vives oppositions. De nombreuses voix issues du monde des affaires, mais aussi certains responsables publics, jugent la proposition risquée pour l’attractivité économique de la Californie. Plusieurs organisations patronales redoutent qu’une telle mesure n’incite les plus grandes fortunes à quitter l’État, emportant avec elles une part importante des investissements et des emplois. Les opposants mettent également en avant la possible complexification du système fiscal déjà réputé pour sa sévérité envers les hauts revenus, ainsi que le risque d’effets d’aubaine ou d’optimisation fiscale qui viendraient réduire le rendement escompté.
Les enjeux politiques du scrutin se révèlent scrutés de près au niveau national, alors que la question de la taxation des ultra-riches s’impose comme un marqueur des débats de la campagne présidentielle américaine. La décision des électeurs californiens sera ainsi observée comme un possible signal d’orientation pour d’autres États, voire à l’échelle fédérale, alors que la redistribution fiscale demeure un sujet de clivage important entre démocrates et républicains.
D’ici novembre, les campagnes d’information, les groupes de pression et les personnalités publiques devraient se mobiliser activement pour tenter d’influencer l’opinion, dans une Californie plus que jamais laboratoire de réformes sociales et économiques au niveau national. Quoi qu’il advienne à l’issue du vote, le débat autour de la fiscalité des plus riches est appelé à occuper une place centrale dans l’actualité californienne, comme dans le reste du pays.
