Dans un mouvement stratégique marquant, la banque d’affaires Lazard a officialisé l’acquisition de Campbell Lutyens, une référence mondiale du conseil en capital-investissement. Cette opération vise à renforcer la position de Lazard sur le marché du private equity, un secteur en pleine mutation qui attire toujours plus d’investisseurs institutionnels à la recherche de rendements élevés dans un contexte macroéconomique complexe.
Fondée en 1988 à Londres, Campbell Lutyens s’est taillée une solide réputation en tant que conseil auprès des investisseurs institutionnels, des gestionnaires de fonds et des entreprises cherchant à lever des capitaux ou à céder des actifs dans l’univers du private equity, de l’infrastructure et de la dette privée. La société accompagne également ses clients dans des transactions secondaires, secteur qui connaît une croissance significative ces dernières années face à l’émergence de nouveaux besoins de liquidité.
De son côté, Lazard, fondée en 1848 et présente sur tous les grands marchés financiers internationaux, étoffe par cette acquisition son offre de services auprès de ses clients historiques. L’objectif affiché : capter une part accrue du marché très concurrentiel du conseil financier sur les fonds non cotés, estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars à l’échelle globale.
C’est donc une étape décisive pour la banque américaine, qui mise sur les complémentarités d’expertise. « Campbell Lutyens dispose d’une plateforme reconnue et d’une expérience approfondie sur des segments à forte valeur ajoutée du private equity. Leur intégration va nous permettre de proposer à nos clients une capacité de conseil élargie, notamment dans l’origination et la structuration de solutions complexes en matière de levée de fonds et de transactions secondaires », explique un porte-parole de Lazard.
Pour Campbell Lutyens, ce rapprochement représente aussi une nouvelle page de croissance. « Intégrer une maison de premier plan, dotée d’un réseau global et d’une expertise multi-sectorielle, c’est l’opportunité pour nous d’accélérer notre développement tout en continuant à servir nos clients avec nos standards d’exigence », souligne un dirigeant de la firme britannique.
Le secteur du private equity se transforme depuis plusieurs années sous l’impulsion de la digitalisation, des évolutions réglementaires et de l’intensification de la concurrence entre acteurs à la fois traditionnels et nouveaux venus, notamment certains géants technologiques ou fonds souverains. Selon Preqin, le volume d’actifs sous gestion dans le private equity atteignait près de 7 000 milliards de dollars fin 2023, portés par l’appétit croissant des investisseurs pour cette classe d’actifs, réputée plus résiliente aux cycles économiques que les marchés cotés.
En s’alliant à Campbell Lutyens, Lazard entend également répondre à l’évolution de la demande de ses clients, confrontés à des enjeux de diversification mais aussi de liquidité dans un environnement où les marchés primaires restent volatils. « Les opérations secondaires permettent aux investisseurs de réajuster la composition de leur portefeuille et d’arbitrer plus finement entre les différentes poches d’actifs privés, tout en apportant aux gérants une flexibilité nouvelle pour poursuivre leurs stratégies de développement », analyse un expert du secteur.
La finalisation de l’opération reste soumise à l’approbation des autorités de régulation compétentes. Les modalités financières n’ont pas été rendues publiques. Mais l’annonce signe déjà le rapprochement de deux poids lourds du secteur, à l’heure où la consolidation s’accélère dans le monde du conseil financier dédié aux fonds d’investissement et aux transactions complexes.
