À l’occasion de la traditionnelle manifestation du 1er mai à Paris, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s’est exprimé avec force sur la responsabilité financière des grands groupes, nommément celle de TotalEnergies. C’est au milieu d’une foule dense, rassemblée pour défendre les droits des travailleurs et manifester contre la politique sociale du gouvernement, que l’ancien candidat à la présidentielle a désigné l’entreprise pétrolière comme l’une des principales bénéficiaires d’une conjoncture économique qui échappe, selon lui, aux préoccupations des plus modestes.
« Vous en avez les moyens », a-t-il déclaré à l’adresse de TotalEnergies, croyant discerner chez le groupe une capacité à contribuer davantage, dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure d’une grande partie de la population française. Cette interpellation n’est pas anodine : Jean-Luc Mélenchon a explicitement appelé le géant de l’énergie à « passer à la caisse ». Selon lui, l’entreprise, qui affiche des bénéfices records à la faveur de la hausse continue des prix de l’énergie, doit assumer une part plus importante de l’effort collectif, notamment en matière fiscale ou de redistribution aux salariés et à la collectivité.
Ce discours, dans la droite ligne de ses précédentes déclarations sur les grandes compagnies du CAC 40, ravive le débat sur les superprofits générés ces dernières années dans le secteur pétrolier. Pour Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens, TotalEnergies incarne l’emblème d’une croissance profitant aux actionnaires, alors que de nombreux Français peinent à faire face à l’inflation et à la remontée des prix des carburants.
Mélenchon n’épargne pas non plus le gouvernement, accusé de « complicité avec les intérêts privés » en refusant d’instaurer une taxation exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes. L’ancien député martèle que « ce n’est pas à la population, ni aux salariés d’assumer seuls les sacrifices demandés dans la période de crise », plaidant pour un rééquilibrage de la charge. Il fustige au passage « l’injustice fiscale » et réclame un renforcement de l’État pour garantir une meilleure redistribution des richesses.
Dans la foule du 1er mai, cet appel trouve un écho auprès de manifestants venus dénoncer la montée du coût de la vie, la réforme des retraites et plus généralement la politique économique du gouvernement. De nombreux participants expriment leur colère face à ce qu’ils perçoivent comme un décalage flagrant entre l’opulence des grands groupes et les difficultés quotidiennes des ménages.
Du côté de TotalEnergies, la direction rappelle régulièrement son engagement dans la transition énergétique, ses investissements en France et le versement de primes exceptionnelles à ses salariés. L’entreprise insiste sur sa contribution fiscale et sociale, tout en défendant la nécessité de préserver sa compétitivité à l’international. Mais pour les responsables syndicaux et les responsables politiques de gauche, ces efforts demeurent insuffisants au regard des profits publiés.
Cette polémique autour des superprofits alimente un débat récurrent en France, entre défense d’une économie concurrentielle et exigences croissantes de justice sociale. À la veille des Européennes et à l’heure où pèsent de nouveaux risques d’inflation, la question de la répartition des richesses dans le pays s’impose plus que jamais comme un enjeu central du débat public.
