La compagnie aérienne sud-coréenne Korean Air a récemment annoncé une mesure ferme pour endiguer un phénomène préoccupant : le transport illégal de coqs de combat à bord de ses avions. Cette décision, entrée en vigueur au cours des dernières semaines, fait suite à une recrudescence de tentatives d’embarquement de ces volailles, souvent utilisées dans des pratiques interdites de combats d’animaux dans plusieurs pays asiatiques.

Les responsables de Korean Air ont indiqué que les coqs, mais aussi d’autres oiseaux potentiellement destinés à des combats illégaux, ne seront désormais plus acceptés ni en soute ni en cabine, que ce soit sur les vols domestiques ou internationaux. Cette interdiction catégorique s’inscrit dans une logique accrue de responsabilité sociale de l’entreprise, soucieuse de ne pas contribuer, même indirectement, à la maltraitance animale et au trafic illicite. « La compagnie prend très au sérieux son devoir de diligence envers le bien-être animal et entend pleinement coopérer avec les autorités pour prévenir toute forme de transport illégal », souligne un porte-parole du transporteur sud-coréen.

Auparavant, les coqs pouvaient être enregistrés comme bagages spéciaux, à condition de respecter certaines règles sanitaires et de quarantaine. Toutefois, la multiplication des incidents et la difficulté à contrôler la finalité et la destination des oiseaux ont incité la compagnie à adopter une politique plus stricte. Selon plusieurs témoignages rapportés par le personnel au sol, des passagers tentaient régulièrement d’acheminer clandestinement ces animaux en vue d’alimenter des réseaux de combats clandestins, malgré les réglementations locales. Ces pratiques, non seulement illégales dans de nombreux pays, exposent aussi les avions au risque de propagation de maladies animales.

Les experts animaliers et les associations de défense de la cause animale saluent cette décision, qu’ils considèrent comme un signal fort envoyé aux réseaux criminels, mais aussi comme un exemple à suivre pour l’ensemble du secteur aérien. « Interdire l’embarquement de coqs de combat est un moyen direct de tarir l’approvisionnement dans des zones où ce type de trafic prospère, notamment en Asie du Sud-Est », analyse un responsable d’Animal Rescue Korea.

Ce phénomène du transport d’oiseaux de combat n’est en effet pas propre à la Corée du Sud : plusieurs compagnies asiatiques ou européennes ont été confrontées à des tentatives de transit similaires ces dernières années. Les autorités aéroportuaires, souvent contraintes de renforcer les contrôles douaniers, mettent en garde contre les conséquences sanitaires potentielles. Les combats de coqs, non seulement prohibés dans un grand nombre de juridictions, sont également à l’origine de la dissémination de maladies telles que la grippe aviaire.

Pour Korean Air, cette règle stricte s’ajoute à d’autres mesures déjà en place concernant le transport d’animaux, dont le respect de procédures sanitaires rigoureuses. Les clients souhaitant voyager avec des animaux domestiques, tels que chats ou chiens, continueront d’être autorisés sous réserve de se conformer à la réglementation. En revanche, la porte est désormais fermée pour tous les gallinacés susceptibles d’être détournés à des fins illicites, un geste symbolique mais fort en matière de lutte contre la cruauté animale.

À l’approche des Jeux asiatiques et au regard de l’intensification des déplacements régionaux, la compagnie sud-coréenne entend marquer sa différence, espérant sensibiliser tant les voyageurs que ses concurrents sur le rôle que les acteurs du transport aérien peuvent jouer dans l’assainissement de certaines pratiques obscures. Un engagement qui pourrait inspirer d’autres compagnies à travers le monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *