Le quotidien Libération pourrait prochainement connaître un changement important à la direction de sa rédaction. Selon plusieurs sources internes concordantes, c’est Sonia Delesalle-Stolper, actuelle cheffe du service international du journal, qui serait pressentie pour prendre la succession de Dov Alfon en tant que directrice de la rédaction.

Cette perspective de nomination intervient dans un contexte marqué par de profondes transformations à la tête du célèbre quotidien fondé en 1973. Arrivé à la direction de Libération en 2020, le journaliste franco-israélien Dov Alfon avait incarné un renouveau éditorial, accompagnant la transition vers un modèle coopératif inédit dans la presse française et impulsant une série de changements dans l’organisation du travail et la ligne éditoriale du titre. Trois ans après sa prise de fonctions, son départ ouvre ainsi une nouvelle page pour le groupe de presse.

Sonia Delesalle-Stolper n’est pas une inconnue pour les équipes de Libération. Journaliste aguerrie, elle y a occupé différents postes stratégiques depuis son arrivée en 1999, notamment comme correspondante à Londres et à Bruxelles, avant de diriger le service international. Réputée pour son sérieux, son sens de l’analyse et sa capacité à fédérer les équipes, elle a couvert de nombreux dossiers majeurs — du Brexit à la guerre en Ukraine, en passant par la crise migratoire européenne — et acquis une solide expérience dans le suivi des questions internationales qui font l’ADN du journal.

Selon des membres de la rédaction, cette possible nomination est perçue comme un choix rassurant en interne. « C’est quelqu’un qui connaît parfaitement la maison, ses codes et ses valeurs », confie un journaliste sous couvert d’anonymat. « Elle saura faire le lien entre l’histoire de Libé et les défis qui nous attendent, notamment la transformation numérique, le renforcement de l’enquête et le maintien de l’indépendance de la rédaction. » Alors que le secteur de la presse continue de subir les effets conjugués de la crise publicitaire et de la mutation des usages numériques, le profil de Sonia Delesalle-Stolper est jugé particulièrement adapté pour accompagner Libération dans une période d’incertitudes et d’innovation nécessaires.

Reste à savoir si cette proposition recueillera l’aval de l’ensemble des parties prenantes, notamment des journalistes réunis au sein de la société des rédacteurs et du conseil de surveillance. Le processus de nomination à la direction de la rédaction, chez Libération, obéit en effet à des règles spécifiques héritées de l’héritage coopératif du journal : le successeur doit convaincre les salariés et faire la preuve de son adhésion aux valeurs d’indépendance, de pluralisme et d’engagement citoyen qui structurent l’histoire du quotidien.

Pour l’instant, aucune communication officielle n’a été effectuée par la direction du journal. La prise de fonction éventuelle de Sonia Delesalle-Stolper, si elle devait être confirmée, pourrait être l’occasion d’acter la continuité d’une tradition éditoriale forte, tout en impulsant une dynamique nouvelle face aux grands bouleversements médiatiques et aux enjeux sociétaux du moment. Dans le microcosme de la presse française, ce choix sera observé de près, tant par les confrères que par les lecteurs attachés à cette figure singulière du paysage médiatique hexagonal.

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