Le gouvernement français entend muscler sa réponse face à la hausse continue des prix des carburants à la pompe. Ce lundi, le ministre de l’Économie et des Finances, Sébastien Lecornu, a annoncé que les dispositifs actuels de soutien seraient bientôt « changés d’échelle ». Une déclaration qui traduit la volonté de l’exécutif de passer à la vitesse supérieure pour préserver le pouvoir d’achat des ménages et soutenir les professionnels les plus exposés à la facture énergétique.
Depuis plusieurs mois, les prix des carburants connaissent une envolée soutenue sur l’ensemble du territoire hexagonal. En cause : la hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux, dans un contexte marqué par la poursuite de tensions géopolitiques et une reprise de la demande mondiale. Si l’an dernier encore, le gouvernement avait privilégié des mesures ponctuelles, comme des remises à la pompe ou des chèques énergie, la persistance de la hausse semble imposer la mise en place d’outils de plus grande ampleur.
« Nous avons conscience que la situation pèse de plus en plus lourdement sur les budgets des Français, notamment ceux qui dépendent quotidiennement de leur véhicule pour se rendre au travail ou exercer leur activité », a souligné Sébastien Lecornu lors d’une intervention matinale. Le ministre s’est aussi voulu rassurant quant à la réactivité de l’État : « Il est de notre responsabilité d’adapter en permanence notre réponse à la gravité du moment. Nous irons donc plus loin, plus large, plus vite. »
Si le détail des mesures n’a pas encore été dévoilé, plusieurs pistes sont déjà évoquées en coulisses. Parmi elles, l’instauration d’aides ciblées, destinées avant tout aux foyers les plus modestes, mais aussi aux professionnels fortement dépendants de leur véhicule – artisans, commerçants itinérants, ou conducteurs de VTC. Un élargissement de la prime transport, ainsi qu’une modulation du taux de taxation sur les carburants pour limiter leurs fluctuations, figureraient également dans les scénarios à l’étude.
Les organisations professionnelles et syndicats saluent globalement le changement de ton affiché par le gouvernement, tout en restant extrêmement vigilants quant à la concrétisation de ces annonces. Pour l’Union nationale des industries pétrolières, « seule une action rapide et coordonnée permettra de limiter l’impact de la flambée des prix sur l’ensemble de la chaîne économique ». Du côté des associations de consommateurs, l’heure est à l’impatience : « Il ne faut pas que cette déclaration d’intention se limite à un effet d’annonce. Les Français n’attendent pas un geste, mais un véritable plan d’accompagnement », juge la porte-parole de la CLCV.
La question du financement de ces futurs dispositifs demeure également un sujet sensible. Face à l’ampleur de l’aide envisagée, Bercy indique qu’une concertation sera ouverte rapidement avec les acteurs concernés et les partenaires sociaux afin de trouver des solutions pérennes sans alourdir excessivement la dépense publique. « Nous voulons agir de façon responsable, sans compromettre l’équilibre budgétaire du pays, mais sans laisser non plus les Français seuls face à la hausse des prix », a martelé Sébastien Lecornu.
En attendant la présentation officielle des mesures, prévue dans les prochaines semaines, de nombreux Français scrutent quotidiennement les panneaux d’affichage des stations-service, certains redoutant que la barre symbolique des 2 euros le litre soit franchie durablement. Ce signal fort du gouvernement sera-t-il suffisant pour désamorcer la colère qui monte au sein de l’opinion ? Réponse dans les prochains jours, alors que l’exécutif joue une part de sa crédibilité sur ce dossier explosif.
