Fitch Ratings a annoncé ce mardi le relèvement de la note de crédit de la dette souveraine de l’Argentine, la faisant passer de CCC à B-. Cette décision, saluée par les autorités de Buenos Aires, intervient à la suite d’une série de mesures de réformes économiques entreprises ces derniers mois par le gouvernement du président Javier Milei.
L’agence de notation américaine justifie ce relèvement par ce qu’elle qualifie de « progrès notables dans la mise en œuvre de réformes économiques », notamment la consolidation budgétaire et l’ajustement du cadre macroéconomique. Fitch salue en particulier la capacité du gouvernement argentin à maintenir son engagement envers des politiques budgétaires et monétaires strictes dans un contexte économique et social délicat.
Selon Fitch Ratings, l’Argentine a franchi plusieurs étapes décisives depuis la prise de fonctions de la nouvelle administration en décembre 2023. Parmi les éléments évoqués figurent la réduction du déficit primaire, une meilleure discipline dans les dépenses publiques et une gestion plus transparente du financement monétaire du Trésor. L’agence estime que ces orientations ont permis de rétablir un minimum de confiance auprès des créanciers internationaux et des investisseurs, entraînant une modeste amélioration de l’accès aux financements.
Ce relèvement de note représente un tournant pour l’Argentine dont la solvabilité faisait l’objet de doutes persistants jusqu’à présent. Ces dernières années, le pays cumulait les défauts de paiement, les contrôles de changes stricts et une inflation galopante ayant atteint des niveaux historiques. Mais l’arrivée au pouvoir de Javier Milei, figure de l’ultralibéralisme argentin, a marqué un changement de cap radical. Son gouvernement s’est engagé dans une vaste entreprise de réduction du déficit public et de démantèlement progressif de nombreux contrôles économiques.
L’amélioration de la note à B- place toutefois l’Argentine dans une catégorie où le risque de crédit demeure élevé aux yeux des investisseurs internationaux. Fitch rappelle que la situation macroéconomique du pays reste fragile, avec une récession profonde et une inflation toujours supérieure à 250% sur un an. L’agence de notation met également en garde contre les obstacles politiques et sociaux qui pourraient entraver la poursuite des ajustements préconisés, notamment face à la montée des tensions sociales et à l’opposition croissante de certains secteurs économiques et syndicaux.
Les marchés financiers ont réagi positivement à l’annonce, les obligations argentines notant un léger regain d’optimisme tandis que le peso a mieux résisté, du moins temporairement, sur le marché des changes parallèles. Dans un communiqué, le ministère argentin de l’Économie a qualifié la décision de Fitch de « vote de confiance » dans la stratégie gouvernementale et a réaffirmé sa détermination à poursuivre le programme de réformes.
Si ce relèvement de note ne marque pas la fin des difficultés pour l’Argentine, il symbolise un pas en avant pour un pays en quête de crédibilité. Les prochains mois seront déterminants, car le maintien de cette amélioration dépendra de la capacité de Buenos Aires à pérenniser les réformes, maîtriser l’inflation et, surtout, à relancer la croissance économique. Pour l’instant, Fitch rend hommage « à la détermination politique et à l’efficacité dans la mise en œuvre des mesures initiales », tout en rappelant que la trajectoire reste semée d’incertitudes.
