Alors que le secteur de l’aviation s’interrogeait sur la solidité de ses réserves de carburant à l’approche de la haute saison touristique, le gouvernement a tenu à dissiper les incertitudes entourant l’alimentation en kérosène dans les aéroports français. Ce mercredi, les autorités ont affirmé avec assurance qu’il n’existe, à ce jour, «aucune crainte» de pénurie pour les mois de mai et juin. Un message destiné à apaiser tant les compagnies aériennes que les passagers alors que la reprise du trafic aérien accentue la demande de carburant.
L’annonce intervient dans un contexte marqué par la volatilité des marchés pétroliers et les tensions d’approvisionnement consécutives à des perturbations géopolitiques et industrielles. Plusieurs acteurs du secteur avaient en effet exprimé des inquiétudes quant à la capacité de la France à garantir l’approvisionnement continu des principaux hubs, notamment à Paris-Charles-de-Gaulle, Orly, et les grands aéroports régionaux. Interrogé sur la solidité de la chaîne logistique, le ministère de la Transition énergétique se veut néanmoins rassurant. «À ce stade, les stocks sont suffisants pour couvrir la période de mai et juin. Les prévisions de livraison sont alignées sur les besoins des opérateurs», a expliqué un porte-parole du ministère.
Au-delà de cette échéance immédiate, le gouvernement estime également que «le risque de pénurie pour la suite de la saison est sans doute peu probable», se fondant sur les données actuellement disponibles et la capacité d’ajuster les importations en cas d’imprévu. Les autorités rappellent que le secteur est rompu à l’anticipation de ses besoins, s’appuyant sur un suivi hebdomadaire des stocks et une collaboration étroite entre compagnies pétrolières, gestionnaires d’aéroports et administration. «Le dispositif de surveillance et de coordination reste pleinement mobilisé pour éviter toute rupture», précise-t-on du côté du ministère.
La France importe la majeure partie du kérosène consommé sur son territoire, principalement via des terminaux maritimes et un vaste réseau d’oléoducs alimentant les principales plateformes aéroportuaires. Or, des mouvements sociaux récents dans les raffineries françaises avaient alimenté les craintes de tension, notamment face à la hausse de la demande à l’approche de périodes de forte activité aérienne. Les compagnies aériennes, contraintes de s’adapter à une consommation énergétique fluctuante, avaient rapporté, ces dernières semaines, devoir surveiller de près leurs prévisions d’approvisionnement.
À l’international, plusieurs grands aéroports européens ont connu par le passé des difficultés ponctuelles d’accès au carburant, impactant la programmation des vols et suscitant la crainte d’effets domino dans le secteur. Les professionnels de l’aérien exhortent donc à la vigilance et à l’anticipation, pour garantir la fluidité des opérations. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) rappelle pour sa part que la sécurité d’approvisionnement demeure une priorité, notamment à la veille des grandes migrations estivales et de plusieurs grands événements sportifs organisés dans l’Hexagone.
Pour l’heure, la situation française semble sous contrôle selon les pouvoirs publics. Si l’attention reste portée sur la stabilité des chaînes logistiques et les risques géopolitiques, «aucune perturbation majeure n’est anticipée à moyen terme», confirme-t-on dans l’entourage du ministère de l’Industrie et de l’Écologie. Les prochaines semaines seront scrutées avec attention afin de réagir en temps réel à tout aléa éventuel. La filière aérienne française peut donc, a priori, envisager la saison estivale avec une relative sérénité sur ce dossier crucial.
