Près d’un an après le décès tragique d’un nourrisson à Angers, les investigations menées sur la potentielle responsabilité du lait infantile dans cette affaire viennent d’aboutir à une conclusion nette des autorités. Après de longs mois d’analyses et d’expertises, les enquêteurs ont finalement innocenté le produit laitier, mettant un terme aux suspicions qui pesaient sur le lot consommé par l’enfant.
L’affaire remonte à l’automne dernier, lorsqu’un nourrisson, âgé de quelques semaines seulement, a succombé à une infection foudroyante quelques jours après avoir été nourri avec du lait destiné aux tout-petits. Très vite, les regards se sont tournés vers l’alimentation de l’enfant. Les parents, dévastés par la disparition, avaient alerté les autorités sanitaires, craignant un lien de cause à effet entre la consommation du lait et la mort de leur bébé.
Dès que les faits ont été connus, le lot de lait en cause a été retiré de la vente par précaution, tandis que la justice ouvrait une enquête pour rechercher d’éventuelles contaminations alimentaires. Au cœur du dossier, la question clé était de savoir si le produit présentait une contamination bactérienne ou chimique susceptible d’expliquer le drame. Les prélèvements réalisés dès les premiers jours par les services sanitaires ont été envoyés dans différents laboratoires spécialisés afin de dépister tout agent pathogène ou substance dangereuse.
Après une série d’analyses microbiologiques approfondies et la reconstitution minutieuse du circuit de fabrication, d’expédition et de conservation des boîtes de lait, les experts n’ont relevé aucune irrégularité. Les examens n’ont révélé ni la présence de germes pathogènes, ni d’éléments toxiques. Cette absence de trace de contamination a conduit à la mise hors de cause officielle du lait infantile dans la chaîne d’évènements ayant mené au décès du nourrisson.
Contactées par nos soins, les autorités sanitaires de Maine-et-Loire insistent sur la transparence de la procédure : « Chaque prélèvement, chaque test a été réalisé en double puis en triple, tant l’émotion suscitée par cette affaire était légitime », détaille un responsable de la Direction générale de la santé. « À aucun moment, il n’a été observé d’anomalie sur le lot incriminé ou sur d’autres lots similaires. » Un message que relaie également le fabricant de lait concerné, qui rappelle que « les mesures de sécurité sanitaire appliquées à la fabrication du lait infantile en France figurent parmi les plus rigoureuses d’Europe ».
La justice a donc refermé ce volet de l’enquête, reconnaissant qu’aucun élément ne permet aujourd’hui d’incriminer le produit laitier. Le dossier se recentre désormais sur d’autres causes potentielles du décès, qui pourraient être d’origine médicale ou infectieuse indépendante de l’alimentation. « C’est un immense soulagement pour l’ensemble de la filière, mais nos pensées vont d’abord à la famille, plongée dans la douleur depuis de longs mois », souligne le syndicat des producteurs de laits infantiles.
Cet épisode, toutefois, rappelle que la vigilance reste de mise en matière de nutrition infantile. L’émotion née de ce drame a poussé l’ensemble des acteurs de la filière à renforcer encore les contrôles et à sensibiliser les familles quant aux bonnes pratiques, dans la préparation et la conservation du lait maternise industrialisé. « Chaque accident, même s’il n’est pas dû à une défaillance alimentaire, doit nous rendre collectivement plus exigeants », conclut un porte-parole de l’Agence nationale de sécurité sanitaire.
