L’édition 2024 du prestigieux Concours Lépine a mis à l’honneur une invention qui pourrait transformer la lutte contre la pollution marine : un aspirateur sous-marin capable de récupérer efficacement les déchets et microplastiques présents dans les eaux. Ce dispositif, récompensé par le jury, suscite déjà l’intérêt de nombreuses collectivités et organisations environnementales.\n\nLe combat contre la pollution marine est devenu ces dernières années un enjeu majeur de santé publique et de préservation de la biodiversité. Selon l’Organisation des Nations Unies, près de 8 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans, nuisant à la faune et à la flore aquatiques et contaminant la chaîne alimentaire. Les microplastiques, en particulier, représentent un défi technologique complexe pour le nettoyage des milieux aquatiques : leurs dimensions inférieures à cinq millimètres leur permettent de s’infiltrer partout, du plancton aux poissons, jusqu’aux organismes humains.\n\nFace à ce constat alarmant, l’innovation primée au Concours Lépine ambitionne de fournir une solution concrète et applicable à grande échelle. Imaginé par une équipe d’ingénieurs spécialisés en robotique et en environnement, l’aspirateur sous-marin fonctionne sur le principe d’un drone aquatique autonome. Il est équipé d’un système de filtration multi-étages capable de capturer aussi bien les déchets volumineux flottants que les particules de microplastiques disséminées dans la colonne d’eau. Une fois collectés, les résidus sont stockés à bord du robot, qui regagne automatiquement sa base pour vider sa cargaison quand il approche de la saturation.\n\nLe prototype, testé dans plusieurs ports et zones littorales françaises, a livré des résultats jugés prometteurs par les experts. « Les premières expérimentations démontrent une capacité d’aspiration et de filtration bien supérieure aux systèmes traditionnels, qui peinent encore à capturer les microplastiques », explique Caroline Martin, chercheuse en pollution marine à l’Université de Bordeaux. Au-delà de la récupération, le dispositif embarque une batterie de capteurs analysant en temps réel la qualité de l’eau, fournissant des données précieuses sur la nature et l’évolution de la pollution locale.\n\nLa simplicité d’implémentation du robot devrait en faciliter la diffusion. Compact et autonome, il peut opérer dans des espaces restreints, tels que les ports de plaisance, les rivières, ou le long des côtes urbaines, là où la concentration de déchets plastiques est la plus forte. Plusieurs collectivités locales, conscientes de l’urgence d’agir, étudient déjà son acquisition. Marie Dufour, responsable environnement à la Métropole de Nice, se félicite de cette avancée : « Nous cherchions un moyen concret de lutter contre la pollution plastique. Cet engin autonome pourrait changer la donne dans nos ports méditerranéens ».\n\nL’équipe d’inventeurs ne compte pas s’arrêter à ce prototype. D’autres scénarios d’application sont à l’étude, notamment l’intégration de réseaux de robots pour couvrir de plus grandes surfaces ou l’adaptation à la haute mer grâce à une autonomie accrue. Par ailleurs, la collecte des plastiques pourrait s’accompagner de programmes de sensibilisation pour limiter l’apport de nouveaux déchets.\n\nEn choisissant de distinguer ce projet, le Concours Lépine continue de s’affirmer comme une vitrine des solutions innovantes aux grands défis contemporains. L’aspirateur sous-marin de déchets et microplastiques pourrait bien s’imposer comme un outil clé dans la préservation des écosystèmes marins, à l’heure où la pollution des océans menace leur équilibre fragile.
