Elon Musk, le milliardaire controversé et patron de Tesla, SpaceX et X (ex-Twitter), vient de voir sa plainte contre OpenAI rejetée par la justice californienne. Le tribunal de San Francisco a estimé que les faits reprochés à la société spécialisée dans l’intelligence artificielle étaient en grande partie prescrits, infligeant ainsi un sérieux revers à la stratégie judiciaire du milliardaire.

Dans sa plainte déposée en février 2024, Elon Musk accusait OpenAI, qu’il a cofondée en 2015, d’avoir trahi sa mission fondatrice à but non lucratif. Selon le chef d’entreprise, la société dirigée par Sam Altman s’est éloignée de ses engagements en signant un partenariat lucratif avec le géant Microsoft, allant jusqu’à développer des modèles d’intelligence artificielle propriétaires et fermer l’accès au code source, alors même que le projet devait rester ouvert. Pour Musk, OpenAI aurait donc « abandonné l’humanité » au profit d’intérêts commerciaux, une dérive jugée inacceptable par l’entrepreneur sulfureux.

Mais la juge de district en charge de l’affaire n’a pas retenu les arguments du milliardaire. Selon la décision publiée ce mardi, la plupart des griefs reprochés par Musk à OpenAI seraient antérieurs à 2020. Or, la loi californienne prévoit un délai de prescription de trois ans pour de telles plaintes. Résultat : un grand nombre de faits avancés par l’accusation ne peuvent juridiquement plus faire l’objet de poursuites, ce qui a conduit la justice à rejeter la demande du patron de Tesla.

Ce revers judiciaire intervient dans un contexte de tensions grandissantes autour des questions de développement et d’encadrement de l’intelligence artificielle. Depuis plusieurs mois, la rivalité entre Elon Musk et OpenAI s’est intensifiée, Musk n’hésitant pas à multiplier les déclarations publiques hostiles envers l’organisation qu’il accuse ouvertement de « privilégier la rentabilité au détriment de l’éthique ». Le milliardaire a également lancé sa propre société concurrente, xAI, avec pour objectif affiché de « rendre l’intelligence artificielle plus transparente et libre ».

Du côté d’OpenAI, la réponse a été laconique. L’organisation, soutenue par des investissements massifs de Microsoft depuis 2019, s’est contentée de rappeler son engagement en faveur d’un développement sécurisé et responsable de l’IA. Les responsables affirment que le partenariat avec Microsoft permet d’accélérer la recherche tout en garantissant l’accès à des infrastructures informatiques de pointe. Ils réfutent toute trahison des principes fondateurs et soulignent que l’évolution vers un modèle hybride alliant recherche ouverte et valorisation commerciale était nécessaire pour assurer la pérennité de l’organisation.

Au-delà de ce bras de fer judiciaire, cette affaire éclaire les bouleversements en cours dans le secteur de l’intelligence artificielle, où enjeux financiers et débats éthiques s’opposent régulièrement. L’épisode illustre aussi les difficultés pour les pionniers de l’IA, qui avaient initialement choisi une gouvernance ouverte et non lucrative, de résister à l’appel du marché et à la pression de partenaires privés exigeant des retours sur investissement.

Bien que cette décision judiciaire marque une victoire pour OpenAI, le conflit entre Elon Musk et l’organisation semble toutefois loin d’être clos. L’entrepreneur laisse entendre qu’il pourrait revenir à la charge, soit en déposant une nouvelle plainte, soit en poursuivant sa croisade publique contre ce qu’il considère comme une dérive dangereuse de l’intelligence artificielle. Les prochains mois diront si d’autres offensives judiciaires seront lancées dans une industrie plus disputée que jamais.

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