Selon une enquête du Financial Times, Demis Hassabis, cofondateur et PDG de DeepMind, la célèbre filiale britannique de Google spécialisée dans l’intelligence artificielle, aurait pris la décision d’investir dans Anthropic lors de la création même de cette start-up innovante. Ce geste, demeuré jusqu’ici confidentiel, éclaire d’un jour nouveau les relations complexes et parfois concurrentielles entre les fondateurs des principales entreprises évoluant dans le secteur de l’intelligence artificielle générative.

Cet investissement aurait en effet eu lieu à un moment charnière, alors qu’Anthropic venait à peine de voir le jour en 2021. Fondée par d’anciens cadres et chercheurs d’OpenAI, Anthropic s’est rapidement imposée comme l’un des acteurs majeurs du domaine, misant sur le développement de modèles de langage avancés, concurrents directs du fameux ChatGPT développé par OpenAI. L’initiative de Demis Hassabis attire d’autant plus l’attention que DeepMind, tout comme Anthropic ou OpenAI, développe des solutions capables de transformer de nombreux secteurs d’activité, de la recherche à la santé, en passant par l’éducation et la finance.

Selon les informations du Financial Times, l’investissement de Demis Hassabis était réalisé à titre personnel, et non en tant que représentant de DeepMind ou de sa maison mère, Alphabet (la société holding de Google). Ce mouvement laisse entrevoir la proximité, mais aussi la porosité, existant au sein de la communauté des pionniers de l’IA, où les collaborations et soutiens personnels transcendent fréquemment les frontières entre entreprises et concurrents.

Depuis sa fondation, Anthropic connaît une croissance fulgurante. La société a levé plusieurs milliards de dollars, notamment auprès d’Amazon et de Google, qui sont respectivement devenus des partenaires stratégiques. Cette position bénéficie de l’aura de ses fondateurs, Dario et Daniela Amodei, autrefois membres éminents de l’équipe technique d’OpenAI. Le positionnement d’Anthropic s’est centré sur la sécurité et la fiabilité des intelligences artificielles génératives, un sujet de préoccupation croissant pour l’ensemble de l’industrie et des pouvoirs publics.

Pour DeepMind, l’investissement de son patron auprès d’un concurrent potentiel illustre la complexité du secteur. D’un côté, DeepMind a, dès ses débuts en 2010, marqué le paysage par ses avancées remarquées dans l’apprentissage par renforcement et la résolution de problèmes complexes (tels que le jeu de go ou la prédiction de structures protéiques). De l’autre, la montée en puissance d’Anthropic et d’autres start-ups insuffle une nouvelle dynamique, poussant l’ensemble du secteur à accélérer l’innovation tout en interrogeant les questions de sécurité, d’éthique et de gouvernance.

Face à une concurrence internationale accrue, et alors que les principaux groupes technologiques investissent des ressources considérables dans les modèles d’IA, les acteurs historiques comme DeepMind cherchent à consolider leur avance en multipliant les partenariats et les initiatives personnelles. L’investissement de Demis Hassabis, révélé par le Financial Times, témoigne de la façon dont l’esprit pionnier et le réseautage jouent un rôle crucial dans la structuration du paysage actuel de l’intelligence artificielle.

Ce soutien précoce en faveur d’Anthropic pourrait également avoir des répercussions sur les futures alliances et orientations stratégiques au sein de la Silicon Valley et au-delà. Il s’inscrit en tout cas dans une tradition, propre au monde de la technologie, où les fondateurs s’entraident et investissent dans des projets prometteurs, y compris lorsqu’ils pourraient se retrouver en compétition. Un rappel, s’il en fallait un, que dans la course à l’intelligence artificielle, l’innovation naît autant de la coopération que de la rivalité.

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