Réunis ce week-end sous présidence italienne à Stresa, dans le nord de l’Italie, les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G7 se sont une nouvelle fois montrés résolus à coordonner leurs efforts pour faire face aux conséquences économiques et politiques du conflit en Ukraine. À l’issue de deux jours d’échanges, ils ont publié un communiqué commun marquant leur détermination à «maintenir et renforcer la pression sur la Russie» par le biais de sanctions et autres mesures économiques concertées.

Dans le détail, les représentants des économies les plus industrialisées — États-Unis, Canada, Japon, France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie — ont souligné la nécessité de continuer à soutenir financièrement l’Ukraine alors que la guerre entre dans sa troisième année. Pour cela, ils se sont engagés à accélérer le déblocage des fonds promis à Kiev et à rechercher de nouvelles formules innovantes pour assurer la pérennité de l’aide, notamment en réfléchissant à l’usage potentiel des avoirs russes gelés depuis le début du conflit.

«Nous restons fermement unis pour contrer l’agression de la Russie contre l’Ukraine et pour soutenir le peuple ukrainien», déclarent les ministres dans leur communiqué. Ils précisent que leurs pays s’efforceront, tant individuellement qu’ensemble, de garantir que Moscou paie un prix économique élevé pour son action, soulignant que l’approvisionnement d’armes et le transfert de ressources économiques en direction du régime russe seraient sévèrement sanctionnés.

Parmi les pistes privilégiées figure l’exploitation des intérêts issus des quelque 300 milliards de dollars d’avoirs russes gelés dans les institutions financières occidentales. Les ministres ont évoqué différentes options, en gardant à l’esprit les possibles répercussions juridiques et financières, mais plusieurs sources laissent entendre qu’un consensus pourrait rapidement émerger autour de l’idée d’utiliser les intérêts générés annuellement par ces avoirs pour financer une partie de l’aide à l’Ukraine. Le ministre français, Bruno Le Maire, s’est dit favorable à une «solution créative et juridiquement solide» pour accélérer l’aide tout en respectant le droit international.

Au-delà du dossier ukrainien, les membres du G7 ont également réitéré leur «engagement envers la stabilité financière mondiale» et leur volonté d’apporter toute l’assistance nécessaire aux pays les plus vulnérables face à la volatilité des marchés. Ils se sont ainsi déclarés prêts à adapter leurs politiques monétaires et budgétaires en fonction de l’évolution de la conjoncture internationale, tout en maintenant leur vigilance face à l’inflation persistante et aux menaces géopolitiques.

L’unité affichée par le G7 intervient dans un contexte de tensions accrues avec la Russie mais aussi de débats parfois vifs entre Européens et Américains sur la répartition du fardeau financier du soutien à l’Ukraine. Pourtant, à Stresa, tous se sont efforcés de démontrer que le front restait uni et que la «fatigue de la guerre» ne saurait affaiblir leur détermination commune. Cette déclaration de principe sera prochainement mise à l’épreuve lors du sommet élargi des chefs d’État et de gouvernement du G7 prévu à la mi-juin, où la question du soutien à l’Ukraine — et de son financement — sera de nouveau au centre des discussions.

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