Depuis son arrivée sur la scène politique américaine, Donald Trump a multiplié les attaques contre les parcs nationaux, symboles d’une nature préservée et d’un patrimoine commun cher aux Etats-Unis. Des décisions contestées aux discours provocateurs, l’ancien président s’est heurté à une résistance tenace de la part de l’opinion publique et des défenseurs de l’environnement. Mais si ces actions reflètent une rupture claire avec l’approche traditionnelle de la préservation, elles n’ont pas suffi à éteindre l’attachement des Américains à ces espaces emblématiques.\n\nDès le début de son mandat en 2017, Donald Trump a engagé une série de mesures visant à ouvrir davantage de terres publiques à l’exploitation minière, pétrolière et gazière. La réduction spectaculaire de la taille des monuments nationaux Bears Ears et Grand Staircase-Escalante, dans l’Utah, avait alors marqué les esprits : jamais, depuis leur création par ses prédécesseurs, de telles surfaces n’avaient été ainsi retranchées du territoire protégé. Cette orientation, justifiée au nom du développement économique, a provoqué l’indignation des communautés locales, des tribus indigènes et des organisations écologistes.\n\nAu-delà de l’aspect légal et réglementaire, Donald Trump n’a eu de cesse de présenter les politiques de protection de l’environnement comme autant d’obstacles à la croissance. Ses propos, souvent provocateurs et tranchés, ont régulièrement ciblé les responsables des agences fédérales, ainsi que les scientifiques alertant sur les conséquences du changement climatique. Le gouvernement Trump a ainsi tenté de changer la perception des parcs nationaux dans la société américaine, les dépeignant parfois comme une entrave plutôt qu’une richesse collective.\n\nCependant, cette offensive n’a pas entamé le lien profondément ancré entre la population et les parcs nationaux. Pour de nombreux Américains, ces espaces incarnent une forme d’idéal national, fait de grands espaces, de liberté et d’émerveillement face à la nature. La fréquentation des parcs n’a d’ailleurs pas fléchi durant la présidence Trump, au contraire : à l’heure des confinements liés à la pandémie de Covid-19, les Américains ont trouvé dans la nature un refuge et une source de ressourcement, accentuant le caractère sacré de ces territoires dans la conscience collective.\n\nMalgré la mutation du paysage politique, la symbolique des parcs nationaux résiste. Les protestations vigoureuses ayant suivi la réduction des protections ont mis en lumière la capacité de mobilisation de la société civile et l’attachement multigénérationnel à ce patrimoine. Plusieurs groupes de défense ont multiplié actions en justice et campagnes de sensibilisation, et nombre d’élus, y compris au sein du parti républicain, se sont démarqués des choix les plus radicaux de l’administration Trump.\n\nAujourd’hui, alors que la question environnementale s’impose comme un enjeu majeur de la politique américaine, l’héritage de Donald Trump en matière de parcs nationaux apparaît plus contesté que jamais. Si ses décisions resteront sans doute dans l’histoire comme une tentative de remodeler la vision américaine de la nature, elles n’auront pas réussi à « tuer l’imaginaire américain sur la nature ». Bien au contraire, la défense des parcs nationaux semble avoir ravivé un attachement, tant culturel que politique, à l’un des fondements du rêve américain.
