Alors que la question du prix des carburants occupe le devant de la scène économique française, les chauffeurs de taxi rejoignent désormais le chœur des professionnels de la route sollicitant une aide de l’État pour compenser la hausse substantielle de leurs frais de fonctionnement.\n\nDepuis plusieurs mois, le secteur des transports est confronté à une envolée continue des tarifs à la pompe, conséquence directe des tensions sur les marchés internationaux et de l’instabilité géopolitique. Après les transporteurs routiers, les agriculteurs ou encore certaines professions médicales qui se déplacent beaucoup, c’est au tour des taxis de faire valoir la nécessité d’un coup de pouce financier pour absorber l’augmentation du coût du gazole et de l’essence.\n\n »La situation devient intenable pour de nombreux chauffeurs indépendants », explique l’un des représentants syndicaux du secteur. Selon ses estimations, la facture mensuelle de carburant d’un taxi a grimpé de 30 % en un an. Pour nombre d’acteurs du marché, déjà fragilisés par les effets durables de la pandémie de Covid-19, cette nouvelle pression sur les marges menace la viabilité du métier.\n\nEn France, le secteur du taxi compte près de 60 000 professionnels, dont une majorité exerce en tant qu’indépendants ou au sein de petites entreprises. Leur activité dépend fortement des déplacements quotidiens, à l’inverse d’autres professions qui peuvent amortir la hausse du carburant sur une plus longue période ou par d’autres biais comme la mutualisation des flottes. Cette caractéristique rend l’augmentation des prix à la pompe particulièrement pénalisante pour les chauffeurs de taxi, peu enclins à répercuter l’intégralité de la hausse sur la clientèle sous peine de voir diminuer leur volume d’activité.\n\n »Nous sommes pris en étau entre la nécessité de rester attractifs sur le prix des courses et l’obligation de faire face à des dépenses incompressibles », pointe une chauffeuse parisienne. Les organismes représentatifs du secteur appellent donc le gouvernement à instaurer une aide ciblée, au même titre que celle qui a dernièrement été accordée à d’autres professions exposées à la hausse des coûts énergétiques.\n\nLa demande porte notamment sur l’instauration d’une subvention temporaire ou d’un dispositif de compensation fiscale qui permettrait de soulager les trésoreries en difficulté et, plus globalement, d’éviter des cessations d’activité en chaîne. Plusieurs organisations syndicales ont adressé un courrier commun au ministère de l’Économie afin d’alerter sur un possible accroissement de la précarité chez les chauffeurs, tout en rappelant leur rôle clé dans la desserte de territoires parfois dépourvus d’autres alternatives de transport.\n\nPour le gouvernement, qui a déjà multiplié les dispositifs de soutien afin de contenir les effets de l’inflation énergétique, la demande des taxis vient compliquer un peu plus l’équation budgétaire. Une concertation est annoncée dans les prochains jours, visant à évaluer l’étendue de la crise et à tenter de trouver des pistes de solutions face à un secteur qui reste, plus que jamais, en première ligne des bouleversements économiques.
